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 Neuf moins Un...

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°Yul'Dwin°
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MessageSujet: Neuf moins Un...   Ven 16 Mai - 17:50

Validée par : Le Chapelier Toqué et Nervermore


Titre : Neuf moins un…

Personnages principaux :

Megan




Shonna




Klash




Résumé : Megan, 17 ans, et sa sœur Shonna, sur le point d’avoir 15 ans, ont la chance – ou la malchance – de partager encore leur quotidien au sein du Foyer St Martin. Après s’être une fois de plus disputés, Megan claque la porte et s’en va faire son habituel tour de pâté de maison. Son dernier tour avant l’accident… Lorsqu’il reprend ses esprits, il se rend compte qu’il est dans le corps d’un jeune chat. Serait il réincarné ? Est il mort suite à cet accident ? Une seule idée le hante alors : sa sœur. Hors de question pour lui de l’abandonner ! Il va donc se lancer à sa recherche, aidé par un chat de gouttière nommé Klash.

Warnings : Il n’y aura pas de violence… Tout du moins ce n’est pas prévu au programme.

Concept : Je voulais en faire une fic TH à la base, mais après tout pourquoi ne pas créer des personnages totalement originaux avec leur propre histoire ? Le scénario en lui même pourrait s’apparenter à un croisement entre Just Like Heaven, le titre français Et si c’était vrai (si vous avez déjà vu le film ou lu le livre dont il est tiré), Billy the Cat et une petite touche de Dead like Me (je viens de m'en rendre compte et non ce n'était pas mon intention de m'en inspirer).






C'est le moment de voir ce dont Yul'D est capable en dehors de TH !
J'espère que je ne vous décevrai pas et que vous aurez plaisir à lire cette mystérieuse chaventure ! Razz


Dernière édition par °Yul'Dwin° le Mar 27 Mai - 1:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Ven 16 Mai - 18:05

Prologue :



« Gan ! Rend ma poupée ! »

Il ricanait, les yeux étincelant de malice, cachant la factice copie de Barbie derrière son dos. Les larmes de crocodiles de la fillette résonnaient à peine, que le père se racla la gorge en un son bref mais autoritaire pour réclamer le calme. Mais rien n’y fit. Le garçon continuait à taquiner sa sœur jusqu’à voir ses pommettes rougir de colère.

« Mamman ! Gan veut pas rend’e ma poooouuuuppppéééééeeee !
- Megan !
- Rho ! Même plus l’droit de s’amuser ! râla le garçon lançant sans retenue l’objet convoité par sa voisine de gauche.
- Megan, embêter sa sœur, c’est pas s’amuser ! »

La victorieuse avait instantanément essuyé ses pleurs pour faire place à un sourire bien loin de la modestie, puis tira une langue taquine à son frère.

« Y en a marre ! C’est toujours elle qui gagne !
- Ouais ! J’suis une gagneuse !
- On dit gagnante p’tite teigne !
- Megan !
- C’est vrai ! Elle est pire qu’une peste ! Elle a toujours tout ce qu’elle veut avec vous ! »

La mère aurait bien voulu répliquer, mais elle savait que c’était peine perdu face à la jalousie du garçon qui continuait à bouder dans son coin, les bras croisés, la moue évidente. Elle soupira exaspérée par cette nouvelle querelle, bien trop récurrente à son goût, et lança un regard qui quémandait du soutien à son mari par le biais du rétroviseur. La réponse fut brève et resplendissante d’indifférence. La mère essuya son échec en laissant ses yeux s’enfuir sur le paysage déroulant une campagne grisâtre. Ce trajet promettait d’être long, entre le silence pesant du conducteur, les disputes incessantes de la progéniture et ce triste tableau pluvieux que dessinait la nature. Alors la fatigue s’empara d’elle. Les paupières papillons, elle s’assoupit.



La nuit commençait à tomber sur le ballet d’inquiétantes lumières rouges. Des véhicules : ceux qu’on aime rarement croiser sur son chemin, ceux qui sèment les mauvaises nouvelles, ceux qui nous alerte d’une catastrophe de petite ou de grande envergure, tous rassemblés à ce carrefour de départementale qui aurait préféré conserver sa tranquillité. Ils cadraient le périmètre cherchant à distancer tant bien que mal les curieux qui s’étaient arrêtés par des barrières plastifiées ou quelques gros bras assez convaincants.

« Mamman ! pleura la petite blonde. Mamman ! »

Les joues rouges, la fillette versait toutes les larmes de son corps, sa poupée étouffée dans ses mains. Des bras l’entourèrent soudainement. Etait-ce pour la consoler ? La retenir d’aller au-delà des barrières ? Megan avait agi instinctivement. Il voulait lui épargner l’horrible spectacle de taule froissée, de débris de verre, d’hémoglobine dominante. Une civière roulante passa devant les enfants, un drap censurant l’identité d’un corps inerte.

« Ne restez pas là les enfants ! conseilla un agent de l’ordre.
- Et vous voulez qu’on aille où ? répondit le petit garçon.

- Mamman…
- Calme-toi Shonna, dit il d’un ton qui se voulait consolateur en la serrant contre lui.
- Et bien… »

L’agent regarda les enfants avec une lueur navrée dans l’iris. Il était évident qu’ils n’avaient aucun endroit où aller, si loin de chez eux. Il fit mine de se masser l’arrière de la nuque, un air gêné dans sa moue. Que répondre à deux jeunes enfants qui avaient été témoin d’un tel accident ? Que leur répondre alors qu’ils étaient aux premières loges de ce drame ? Que dire en de telle circonstance à deux nouveaux orphelins ?


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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Ven 16 Mai - 18:19

Et bien, je me suis déjà exprimée sur ce que j'en pensais. C'est très bien écrit ! C'est une histoire qui commence tragiquement. Ca me fait mal au coeur de voir périr un couple déjà malheureux comme ça. Devant leurs enfants ... C'est triste à souhait.
Et ca donne envie de lire la suiteee ! C'est juste un pologue pour placer le contexte çaa ! Aller Yul'd ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Ven 16 Mai - 19:32

Moi je dis, ça commence très bien.
L'histoire de Billy the cat me plait beaucoup, alors je pense que j'ai des chances d'aimer celle là aussi!
(j'adore la réincarnation :p )
Le début a une touche d'horreur.
Un arrière gout qui sert la gorge.
Lire que deux enfants viennent d'être orphelins, c'est très triste.
Mais j'ai pas trop compris les causes de l'accident, et surtout pourquoi seuls les enfants s'en sortent.
J'avoue que ça me turlupine..
Mais bon, j'aime beaucoup ton intro Yul'D, je sens que tu vas nous
faire une belle histoire pleine de jolies métaphores et de
rebondissements à ta sauce.
J'attends avec impatience la suite!
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Sam 17 Mai - 0:09

Chapitre 1 : Les opposés se supportent.



La porte s’ouvre. Elle n’avait pas toqué. Elle n’avait pas attendu que je l’autorise. Non, la porte s’est ouverte effrontément la laissant entrer dans mon antre. Elle se pavane dans sa mini-jupe d’un rose écossais. Son carré noir brushé à outrance, ses yeux noircis de ce charbon communément appelé maquillage, elle affiche sa panoplie de la fashion victime. Hier, elle était garçon manqué. Aujourd’hui, le look pink & punk. Demain, ce sera quoi ? Costume de Bombasse R’n’B ? Et puis quoi encore ? Elle s’approche de ma table de nuit, en ouvre le tiroir et farfouille dans mes affaires en sortant tout le contenu.

Je vous présente Shonna, ma sœur. La fille typique qui ressemble à toutes celles croisées dans les rues lors de samedi shopping. Beaucoup se retournent sur elle avec des ascenseurs à la place des yeux. Quelques connaissances du lycée viennent m’avouer qu’elle a énormément de charme. Peut-être ses yeux verts, qui sait… Il est vrai que Shonna a ce qu’il faut là où il faut. Et elle le sait ! D’ailleurs, comme toute pimbêche qui se respecte, elle fait tout pour briller dans les regards. Toutes les astuces pour prendre soin de son corps, camoufler un bouton disgracieux, se donner artificiellement un regard de jeune biche effarouchée, garder les dents blanches malgré la dose de nicotine qu’elle ingurgite par jour… Elle les connaît toutes ! Et vas y que lundi je commence le régime trouvé dans Teen Mag’, et samedi je suis les recettes diététiques de Claire !

Cependant, elle sait se détacher de l’image de la bimbo écervelée. Shonna est intelligente, trop à mon goût. Elle n’utilise ses capacités qu’à ses fins. Plutôt de faire marcher sa matière grise à de subtiles stratégies pour séduire Cody ou m’inciter à lui faire son devoir de Maths sans broncher, elle pourrait utiliser son potentiel en cours, enrichir sa culture avec de bons classiques de la littérature ou que sais-je encore. Mais il en est rien ! Elle préfère perdre son temps pour des futilités comme les amies et les sorties, la musique commerciale, les séries fleur bleue qui se disent réalistes et les émissions de téléréalité, les potins du quartier et les rumeurs des magazines people, son apparence et ses ustensiles de super ado branchée, j’en passe et des meilleurs…

« Putain de merde ! Il est où ce truc ? »

Oh oui ! Comment ai-je pu omettre son langage si soutenu et si riche en vocabulaire ?

« Gan ! Il est où ton putain de chargeur ? »

Elle s’est permis d’entrer de manière intempestive pour mettre ma table de nuit sans dessus dessous, le tout avec sa finesse légendaire, me dérangeant dans mes révisions quotidiennes. Vous l’aurez compris, Shonna et moi : le jour et la nuit, le chien et la chatte, le calme et la tempête. Je suis ainsi son contraire en de si nombreux points que personne ne comprend ce qui nous rapproche. J’en viens à me poser souvent cette question. D’un naturel sérieux, je me concentre sur mes études pour assurer mon avenir et le sien. Oui, le sien ! J’assume les responsabilités pour deux depuis mes six ans et demi. Depuis l’accident qui a couté la vie à nos parents, je fais de mon mieux pour m’occuper de Shonna. Certes à six ans, on ne peut pas s’en sortir aussi facilement qu’un adulte, alors les autorités nous ont placés dans un orphelinat. Heureusement ou malheureusement, nous n’avons pu être adoptés. A chaque demande pour l’un de nous, j’insistais pour que nous restions ensembles. Vous comprenez, j’étais sa seule famille. Je reste sa seule famille. Mais petite Shonna est devenue grande, enfin presque. Petite Shonna a gardé son caractère d’enfant gâtée. Petite Shonna a oublié qui l’a protégée pendant ces dix dernières années. S’en était elle seulement rendu compte ?

Je me retourne, ne me privant pas de lui montrer mon mécontentement quant à son attitude.

« Ah ! Ca y est ! »

Aurait-elle lancé un regard en ma direction ? Non ! Tout ce qui lui importait à cet instant, c’était de mettre la main sur mon chargeur Ipod, pour charger mon Ipod que mademoiselle a épuisé. Vous pensez bien que son aîné de deux, elle n’en a rien à faire. Shonna se redresse et ce jette sur la première prise de courant à sa portée pour y brancher le chargeur. Elle s’empresse d’allumer le lecteur, un écouteur déjà au poste, laisse resplendir un sourire aux premières basses assourdissantes qui s’en échappent et tombe en arrière sur mon lit, les yeux fermés et l’index métronome.

« Ca va ? C’est assez confortable ?
- Mouais… T’aurais pu faire ton lit avant ! réplique-t-elle enfermée dans son monde de mélomane commerciale sans un regard.
- Si mon lit ne te plaît pas, tu n’as qu’à retourner dans ta chambre.
- Peux pas !
- Tu as des jambes ?
- Ouais !
- Tu as un cerveau ?
- Ouais ! Ca va avec mon corps de rêve !
- Et bien, il ne te reste plus qu’à faire fonctionner ton cerveau pour qu’il active tes jambes et te fasse dégager de ma piaule ! dis-je d’un ton ferme qui ne veut pas abuser des décibels. Je te signale que pendant qu’il y en a qui se tournent les pouces, moi j’ai encore beaucoup de boulot ! Il me reste quatre matières complètes à réviser pour l’examen blanc à la fin du mois ! Et je dois également terminer le devoir littérature que j’ai bien voulu faire à ta place !
- Gan ! Quand est-ce que tu apprendras à vivre au lieu de faire chier les gens qui sont pas comme toi ?
- Peut-être quand tu apprendras le respect des autres, P’tite Teigne ! »

Elle se relève instantanément suite à ma remarque, la moue vexée, le regard assassin de petite princesse froissée dans sa fierté. Puis elle tourne les talons, les mains fermées en poing, et passe la porte qu’elle ne daigne même pas refermer derrière elle. Un sourire modeste, mais tout de même victorieux, se reflète dans mon regard. Shonna est allergique à la critique, sous toutes ses formes. C’est en totale contradiction avec son caractère en acier trempé qu’elle s’est forgée au fur et à mesure des années. Sa manière personnelle de combattre sa douleur, de faire face aux épreuves que nous avions traversées. Ses talons résonnent à nouveau dans le couloir en direction de ma chambre. Elle fait un rapide passage, se jetant sur le chargeur qu’elle arrache de la prise, et s’empare du tout avant de quitter à nouveau les lieux sur un pas coléreux.


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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Sam 17 Mai - 11:32

Petite shonna est devenue grande, et teigneuse!
J'aime beaucoup!
Au moins, ça sort de l'ordinaire, généralement, une petite fille qui a vécu ça serait devenu renfermée.
Et ben non, encore un coup à la Yul'D, ça.
Suite Very Happy
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Lun 19 Mai - 1:07

Chapitre 2 : Comme un lundi matin.


Je soulève la manche de ma chemise afin de distinguer les aiguilles de ma montre. 07h23… Le bus de ramassage scolaire passe dans une minute et Shonna n’est toujours pas là. Je soupire déjà exaspéré, alors que la journée n’a pas véritablement commencé.
Je devrais avoir l’habitude à force. Et pourtant, Mademoiselle se lève une heure avant moi ! Mais le temps de prendre sa douche, se laver les cheveux avec shampooing, après-shampooing et masque, d’étaler son lait de corps à la cerise sur chaque centimètre carré de peau, d’appliquer sa dizaine de crèmes et autres soins du visage ; le temps de trouver l’association parfaite de cinq éléments de tenue minimum, de choisir les couleurs de ses ombres à paupières et autres gloss fruités et de les fondre sur la toile de son minois, de choisir le mouvement de sa chevelure correspondant le plus à son humeur du jour et de la geler pendant dix minutes à coup de laque asphyxiante, vous pensez bien qu’elle ne voit pas le temps passer. Pour que Shonna en ait conscience, il faudrait que les minutes et les secondes se lisent dans un miroir.

Le bruit si familier des freins du car vient à mes oreilles. Arrêté au carrefour précédent, son clignotant indiquant ma position, le moteur passe alors la première pour tourner à sa droite. Un coup d’œil en arrière : toujours pas de petite Teigne. Tant pis pour elle. Elle sera en retard une fois de plus. Cela fait depuis le début de l’année scolaire, que je ne m’attarde plus à l’attendre et me mettre en retard pour elle. Shonna doit apprendre à assumer ses écarts… toute seule.

Le car me repère, ralentit et stationne ses portes devant moi. Elles s’ouvrent sur le sourire chaleureux de Benny, simplement vêtu d’une chemise d’été et d’un jean un peu usé.

« Salut Megan ! Comment ça va ce matin ? m’accueille-t-il en me tendant la main.
- Comme un lundi ! je lui souris en retour en lui serrant la main.
- La p’tite Shonna manque encore à l’appel ?
- Tu sais comment elle est ! je réplique en m’installant au premier rang, juste derrière les portes. Moi, maintenant, je ne cherche plus avec elle. Elle est là, c’est bien ! Elle est pas là, tant pis pour sa gueule !
- Je dirais bien quelque chose, mais ça va pas te plaire mon Grand !
- Oui je sais, je soupire en baissant le regard, tu l’as trop
- Tu l’as trop materné tant qu’elle était petite ! »

Cette phrase terminée en cœur, Ben ferme alors les portes du school bus une fois tout le monde à bord, puis démarre.

« Tu sais, je te dis ça, mais après tout j’te comprends. Ca n’a pas du être facile pour vous deux. De perdre vos parents, si jeunes… »

Alors que son discours tente de se justifier quant à sa dernière remarque, mon regard s’enfuit sur le paysage de l’avenue qui se déroule devant nous, les yeux brûlants, le cœur lourd. Non mon Vieux Benny, ça n’a pas été facile. Et c’est si peu de le dire…

« Je comprends que t’aies voulu prendre tes responsabilités en t’occupant d’elle, de remplacer vos parents. T’avais l’impression qu’il n’y avait que… »

Un coup d’œil dans le rétroviseur et mon ami le chauffeur choisit de se taire, plutôt que de laisser sa phrase remuer le couteau dans la plaie. Son regard se remplit alors d’une soudaine et honteuse culpabilité, puis il secoue la tête, reprenant sa conduite plus consciencieusement. Il m’adresse un dernier regard du bout d’un sourire discret, le genre d’expression qu’une personne revêt lorsqu’elle veut passer à un sujet plus joyeux.

« Et alors ? Cet exposé sur la génétique pour ton cours de Bio, il avance ? »

Ben savait ce qui pouvait me changer les idées. A vrai dire, depuis toutes ces années, c’est le seul adulte à qui je me sois ouvert. Le seul en qui j’ai confiance. Le seul à qui je n’ai pas peur de tendre la main pour demander de l’aide. Je le connais depuis cinq ans, bientôt six, il me semble. Je me souviendrai toujours du jour où j’ai pris ce bus pour mon premier jour au Nixon Highschool. J’avais failli le louper. Il avait d’ailleurs démarré. Je me revois courir après le bus, alors qu’une des bretelles de mon sac venait de céder sous le poids des livres et des cahiers. Il m’avait alors vu dans le rétroviseur extérieur en train de courir, de hurler après lui pour qu’il s’arrête. Et heureusement pour moi, il s’était exécuté. Il avait ouvert les portes et m’avait alors adressé des paroles qui sonnaient comme ceci :

« Et ben mon gamin ! Tu as eu de la chance que je t’aie vu ! T’aurais pu courir longtemps comme ça ! »

Moi je n’avais rien su répondre d’autre qu’un sourire essoufflé et reconnaissant. Ben s’est de suite présenté. Il considérait qu’on allait passer plusieurs années à se voir tous les jours de la semaine, alors autant faire connaissance avait il dit avec ses fossettes souriantes et ses rides de malice. Il m’avait très vite mis à l’aise, alors que je crevais de trouille à l’idée d’intégrer seul un nouvel établissement, sans avoir Shonna cachée derrière moi. Elle devait attendre encore deux ans avant de me rejoindre dans ce lycée. Deux ans durant lesquels j’avais peur qu’on s’attaque à elle, profitant que je ne sois pas dans les parages pour la protéger. Benny avait très vite perçu cette lueur d’inquiétude que je tentais de cacher. Et je ne saurais dire pourquoi, je sentais qu’à lui je pouvais me confier. Alors j’avais partagé mes craintes avec lui, qui était pourtant un simple inconnu, un simple chauffeur de bus. Et lui, il avait su les écouter, les comprendre. Depuis, je me suis lié d’amitié avec lui, le considérant jour après jour comme un oncle ou le grand-père que je n’ai jamais connu.

Le bus s’arrête à son terminus présidentiel. Ben ouvre les portes et laisse la foule adolescente se bousculer pour sortir. Je suis toujours le dernier à sortir du car, le temps d’enlacer rapidement Ben et d’échanger quelques derniers mots avant d’aller rejoindre ma salle de cours. Il m’adresse une dernière tape amicale sur l’épaule, son sourire si chaleureux qui me remonte toujours le moral.

« Aller ! Bonne journée mon Grand ! On se revoit à cinq heures !
- Ouais ! A cette après-m’ ! »

Un dernier clin d’œil complice échangé et Benny ferme la porte avant de décoller. Je regarde le bus s’éloigner, rétrécir dans mon champ de vision. Je me détourne et décide de traverse le parterre de gazon de la place Nixon qui domine le lycée du même nom. Les adolescents s’amassent de plus en plus devant l’entrée de l’établissement, la plupart déposés par des cars ou par leurs parents en voiture.

J’arrive au niveau du parking d’un pas déterminé. Un coupé sport noir déboule soudainement devant moi à toute vitesse et s’en va se garer une dizaine de mètres plus loin. Une fois que le moteur et les basses assourdissantes d’une musique que je n’apprécie guère se soient calmés, le passager avant ouvre la portière et sort du véhicule. Ou devrais-je plutôt dire passagère, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de ma charmante sœur, habillé d’une courte jupe noire débordante de voilages, un T-shirt sans manche à dominante turquoise, des hautes chaussettes rayés dans les mêmes tons, un collier à pics style gothique indomptable. Elle glousse, elle sourit, elle séduit. Le conducteur se révèle alors, sortant à son tour de la voiture. Il s’agit de Dean, une connaissance avec qui je partage les cours de sciences naturelles et d’électro-physique. Il se laisse séduire, il se laisse envouter. Et elle, elle aime ça, qu’on ait d’yeux que pour elle. Le duo s’avance pour rejoindre l’entrée comme tout bon lycéen qui veut être à l’heure, sourires aux lèvres, les yeux luisants, l’ambiance bonne enfant. Shonna remarque alors ma présence. Elle me défie du regard. Je le relève avec mon autorité que mon rang de frère ainé m’autorise. Elle me nargue. Je tiens le coup. Elle remporte la bataille avec détachement et dédain. Je reste seul à savourer ce goût amer d’échec qui se mêle à ma salive.



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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Mar 20 Mai - 2:22

Quel portrait de Shonna ! T'aurais pas des comptes à rendre toi par hasard, ou des petits ressentiments ? non ? Razz
On frise quand même le stéréotype avec ce perso j'espère que ce n'est que la facette des premiers chapitres.
Sinon bah ca démarre bien, sympa la relation entre Megan et le chauffeur, j'espère qu'on sera amené à le revoir ce chaffeur de bus.
Puis ben une relation fraternelle classique, deux opposés, ca risque d'évoluer d'une belle manière je pense.

Toujours dans les relations fraternelles hein ? aprés TH lol faut croire que t'es à l'aise avec.
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Mer 21 Mai - 1:21

C'est vrai que tu t'acharnes plus sur Shoona que sur Megan lol!

Rien à redire pour le moment, sympatique le chauffeur de bus Smile
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renaud
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MessageSujet: renaud   Ven 23 Mai - 12:55

j'aime beaucoup cette manière de formuler les phrases, cette richesse de vocabulaire. Quand je te parlais de détails hier, je n'ai pas été déçu. Les personnages, on voit vraiment comment ils sont, comment il s agissent.
Quelques belles expressions comme celle des ascenseurs à la place des yeux... elle me plait beaucoup la formulation là !
Enfin bref, vivement la suite !
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Ven 23 Mai - 14:33

J'adore le caractère de Shonna.
On ressent le besoin qu'elle a de se faire remarquer alors que son frès pense être son protecteur et devoir la suivre dans tous ses déplacements.
allez Yul'D <3
Suiteuh!!!
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Dim 1 Juin - 0:43

Merci à tous pour vos commentaires. Je sais que le nouveau chapitre s'est fait attendre. Le temps de bosser dessus chaque soir, j'avoue avoir pris mon temps et j'espère que vous en serez pas déçu. Il est vrai que l'histoire est longue à s'installer, mais ça va venir petit à petit, ne vous en faites pas. Ca va encore s'attarder sur la relation Megan/Shonna encore sur quelques chapitres, mais il y a une raison à tout ça. Vous la découvrirai en temps voulu. En tout cas merci pour vos commentaires qui me font toujours plaisir. Et voici sans plus attendre le nouveau CHATpitre ! Razz



*##*###*##*




Chapitre 3 : Protéger ou surprotéger ?


Assis à ma table, je sors mes affaires de mon sac pour les aligner soigneusement. Le stylo plume et son effaceur à l’extrême gauche, suivi en position centrale de mes quatre bics de couleur, et pour fermer la marche sur la droite un crayon HB et son compagnon BB, le duo protégé par leur garde du corps, j’ai nommé : La gomme. Enfin je positionne ma règle de quarante centimètres de manière à souligner tous mes ustensiles. Une pile de bouquins choisit cet instant pour s’installer bruyamment sur la table à ma droite.

« Salut Megan !
- Ouais… Salut Dean.
- Alors t’as réussi les exercices pour ce matin ? me sourit il comme si de rien n’était. »

Je lève enfin un œil en sa direction, sans pour autant lui livrer mon visage. Dean ne mérite que mon profil pour le moment.

« Ce n’était pas la mer à boire.
- Ouais, je sais mais… t’as mis… »

Dean comprend qu’à l’instant précis il se heurte à une plaque de marbre, au regard froid et la moue aigrie. Il baisse un regard vaincu en un soupir plein de culpabilité.

« Toi, tu m’en veux. »

Sa découverte ne m’empêche aucunement de sortir mon cahier de TP d’électro-physique et le livre d’exercices que je pose sans grande délicatesse. J’avoue : ma colère m’envahit et je la laisse prendre possession de mes veines. Malgré ma calme nature, mon Mister Hyde se réveille et n’attend qu’une seule chose : briser mon armure pour s’en extraire. Voilà ce qu’il se passe lorsqu’on s’approche trop près de Shonna. Et elle le sait bien. Bien souvent c’est elle qui manigance ma colère. A croire que cela l’amuse de me mettre hors de moi. Je me racle la gorge avide de salive.

« Qu’est-ce qui te fait dire ça ? je lance sur un air détaché de tout ce qui m’entoure.
- Tu m’adresse à peine la parole. Tu n’as pas croisé mon regard une seule fois. »

Esprit de contradiction hérité de la famille, je me tourne vers lui pour ne plus me délier de ses pupilles tremblantes d’appréhension. Mes yeux le figent sans agressivité. J’ai tout simplement ce don de me faire comprendre à travers mes iris glacés. Dean baisse la tête, se mordant la lèvre inférieure.

« Tu m’en veux pour ta sœur, c’est cela ? »

Le professeur entre dans la salle, sacoche en main, tiré à quatre épingles comme toujours. Entrée qui me permet de me défiler et me concentrer sur le début du cours. Mais mon camarade ne semble pas de cet avis. Alors que l’enseignant commençait à dessiner les premiers schémas de l’exercice de TP pour la correction, il tente de rapprocher sa table de la mienne le plus discrètement et le plus silencieusement possible. Il se penche en avant pour se camoufler derrière le dos d’un élève, me jette quelques œillades, m’interpelle à travers des murmures soutenus. Mais rien n’y fait. Rien ne peut me détourner de mes cours. Les cours… La seule chose à laquelle je tiens, mis à part ma petite Teigne.

« Megan ! tente-t-il encore d’attirer mon attention. »

Mais je ne bronche pas d’un sourcil. Je l’ignore tout simplement. La tête de bois et les attitudes détestables de Shonna sont parfois contagieuses. Ou peut-être en suis-je à l’origine. Je n’en sais trop rien.

« Megan, s’il te plait… »

Son insistance attire ma pupille dans le coin droit de l’œil, son regard implorant une part d’attention.

« Ecoute… Je n’ai pas de vue sur Shonna, glisse-t-il tout en surveillant les faits et gestes du professeur. Je voulais juste lui rendre service ! Elle avait loupé son bus, alors j’me suis proposé !
- Comme c’est aimable à toi, je rétorque d’un ton sec.
- J’te jure Megan ! »

Le professeur entame alors sa première tournée des rangs en commençant par les bancs de droite. Dean fait mine de plonger sa tête dans le manuel d’exercices, pour éviter de se faire prendre en flagrant délit de désintéressement total de la correction du TP. L’homme s’éloignant de lui, il revient à la charge de plus belle.

« Ta sœur c’est juste…euh… ta sœur, quoi ! Je ne la vois pas autrement !
- Alors tu n’as même pas ta carte de membre du fan-club de Shonna ?
- Ta sœur est bien mignonne, mais je te respecte avant tout ! T’es mon pote ! Et… et tu connais les règles ! »

Ces fameuses règles d’Or, dignes de tables de la loi : tu ne sortiras point avec la sœur ou l’ex copine d’un pote, pour ne citer que la principale. Comme s’il allait me faire croire que j’étais son pote. Dean est quelqu’un de sympathique, souriant, plutôt tête en l’air. Il est de bonne compagnie en classe, je dois l’avouer. Mais ça ne va pas plus loin que ça. Enfin c’est ainsi que je le vois. Je me serais contenté d’une année en solitaire, une fois de plus. Cela ne m’a jamais posé de problème d’éviter tout contact social jusqu’à présent…. Enfin tout, n’exagérons rien. Je suis juste de nature solitaire. C’est pour cela que le grand discours de Dean sur notre soi-disant amitié me fait sourire avec beaucoup d’ironie. Je ne suis le pote de personne, et ce parce que je l’ai choisi. A vrai dire, moins je m’attacherai à de personnes, moins j’aurais le malheur de les perdre dans d’amères circonstances.


La journée s’est déroulée à une vitesse folle. Mais, en ce qui me concerne, c’est souvent le cas. Rares sont les jours où les cours m’ennuient. J’aime apprendre, m’enrichir. Je considère que ce que j’apprends en cours me sera utile un jour, même si pour bien des élèves cela ne parait pas aussi évident. Comme chaque lundi, je vais à la bibliothèque pendant l’heure qu’il me reste pour attendre Shonna à la sortie de ses cours. Aujourd’hui, ça me donne l’occasion d’étoffer le devoir de littérature de la Demoiselle. Elle doit le rendre pour mercredi après-midi, dernier délai. Une dissertation sur Hamlet de Shakespeare… Etre ou ne pas être… Son professeur n’avait laissé que cela en guise de sujet. Il est sur que pour Shonna, un sujet aussi vaste pour une œuvre aussi subtile qu’Hamlet relève de l’impossible. Je planchais dessus depuis près d’une semaine. A vrai dire, je me concentrais depuis que la petite Teigne m’avait tendue la feuille de sujet. Le jeudi soir, elle était entrée en panique dans ma chambre, sans frapper bien évidemment, sa panoplie complète de la petite poupée aux larmes de crocodile.

« Gan ! Faut qu’tu m’aides ! C’est une question d’vie ou d’mort ! »

Comme d’habitude, interrompu pendant mes révisions, j’avais tourné ma chaise un quart de tour vers elle en un soupir, un sourire en coin qui s’attendait à la plus insolite des faveurs.

« Qu’est-ce qu’il te faut, cette fois ? »

Elle s’était avancée d’un pas déterminé vers moi, plaquant une feuille sur mon bureau d’une main.

« J’viens d’retrouver ça dans mes affaires !
- Retrouver ?
- Oui ! Ca trainait au hasard sous mon lit. Je faisais du rangement quand j’ai mis la main d’ssus.
- Ah ! Parce que tu sais ce que veut dire ranger ? avais-je lancé d’un sourire moqueur. »

Shonna avait choisi de me répondre par un regard glacial rempli de frustration.

« Bref ! J’ai regardé c’que c’était et j’ai vu que c’était à rendre pour mercredi prochain.
- Et je parie qu’étant donné que ton agenda est rempli de rendez-vous galants, soirées arrosées et autres journées shopping pour tout le week-end, tu n’auras pas suffisamment de temps pour fatiguer ta cervelle sur… »

J’avais laissé mes yeux s’égarer quelques secondes sur le sujet.

« Sur Shakespeare et son mythique Hamlet ? »

Le nom de la pièce s’était divisé en différents échos dans ma tête et m’avait fait réagir soudainement. J’avais bondi sur la feuille tel un prédateur affamé.

« Quoi ? Hamlet ! »

Mes yeux avaient dévoré le sujet en l’espace de quelques secondes avec gourmandises. Au soupir de ma sœur, j’avais compris son impatience. Shonna ne supporte pas qu’on ne la regarde pas dans les yeux lorsqu’on lui adresse la parole. Surtout si ce qu’elle a à dire lui semble de la plus haute importance. Après ma lecture, je m’étais alors tourné vers elle, les yeux pleins d’étoiles.

« C’est géant ! Tu sais franchement pas ce que tu rates !
- J’sais surtout c’que j’raterais, si c’était à moi d’le faire. Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu vas m’le faire ?
- Et tu me donnes quoi en échange ?
- Parce qu’tu veux qu’j’te paye, en plus ?
- Ai-je une raison de le faire gratuitement ?
- Mais merde, Gan, j’suis ta sœur bordel ! On a le même sang !
- Ne mets pas le sang dans cette histoire, Shonna. Tout d’abord tu arrives dans ma chambre sans frapper, comme d’habitude, pour me demander de faire un devoir de Littérature retrouvé par hasard dans ta chambre, tout ça pour te laisser le champ libre pour aller te saouler en boîte et te faire sauter tout le week-end ! J’aurais des tonnes de raisons de refuser de faire ce devoir à ta place ! »

Je venais de jeter un froid. Son regard, son souffle, tous deux gonflés de haine. Je l’avais froissée, une fois de plus. Il est vrai que j’ai du mal à être diplomate avec elle. Mais qu’est-ce que j’y peux. J’ai tellement mal de la voir se détruire ainsi, de la voir perdre son innocence sous mes yeux. Malheureusement, je n’ai jamais su m’exprimer et au lieu de lui faire comprendre mes réels sentiments à son égard, je lui parle avec ses mots pour dénoncer mes maux et ainsi les lui infliger.

« S’il vous plaît ? »

Je reprends alors mes esprits, les feuilles de brouillons empilées et les annexes explicatives de l’œuvre ouvertes, le tout éparpillé de part et d’autre de la table à laquelle je suis installé.

« Excusez-moi, Megan, mais… »

Je me retourne vers la bibliothécaire, une femme d’âge mûre dira-t-on, répondant parfaitement au cliché de la catherinette de plus de cinquante ans avec ses cheveux cendrés relevés en chignon, les lunettes en demi-lune, ses yeux en amandes qui pour beaucoup peuvent paraître agressifs et narquois. On pourrait lui trouver un air de famille avec Maggie Smith, l’actrice qui joue le professeur McGonagall dans la saga Harry Potter.

« Mais il est plus de dix-huit heures, et nous allons bientôt fermer. »

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MessageSujet: renaud   Dim 1 Juin - 1:18

ce que j'aime vraiment dans ton écriture, c'est que c'est vraiment précis, pas un seul détail n'est oublié. Tu fais bien attention que tout soit cohérent. Tu me diras , c'est logique, mais ici c'est vraiment très très bien fait !!!
vivement la suite, même si tu prends le temps lol, ce n'est pas dérangeant
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Lun 2 Juin - 11:55

Aucun problème de mon côté non plus

Ce cher Megan a quelque peu chuté dans mon estime. C'est un peu exagéré sa réaction face à Dean, en vrai ça m'aurait vite gavé ^^

Ren à dire de plus, Shona, le cliché de la poupée bonne à rien me plait pas mal ^^


A noter qu'il n'y avait pas le chauffeur de bus snif!!!!!!!!!
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MessageSujet: renaud   Lun 2 Juin - 12:40

C'est vrai mas Shonna en meme temps, elle n'en fout pas une lol. Il y a de quoi s'énerver quand-même non ? Sans oublier non plus l'histoire particulière de shonna et son frère
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Lun 2 Juin - 23:28

Je pense surtout que Megan transfert son enervement contre Shonna sur Dean parce qu'effectivement à première vue sa réaction face à son pote est un peu exagérée... mais compréhensible.
Shonna est encore une fois dépeinte de belle manière, il y va pas avec des pincettes le frangin Razz

Sinon pas grand chose d'autre à dire sur ce chapitre, je vais juste saluer ta trés belle façon d'écrire une fois de plus.
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Jeu 12 Juin - 21:09

Merci à tous pour vos réactions sur le dernier chapitre. Ne t'inquiète pas Jeff ! Tu auras l'occas de revoir l'ami Benny prochainnement. Je lui prévois quelques apparitions ça et là.
Tit Coeur, tu as subtilement résumé ce que j'ai tenté de faire passer comme sentiment. Bien joué !
Renaud, merci pour tes premiers commentaires. Je suis flattée que mon écriture te plaise. J'espère pouvoir toujours autant te divertir avec la suite.

Et en parlant de suite, le voici ENFIN : le fameux chapitre 4 ! Certes certains pourront trouver que l'histoire n'avance pas, mais ceux qui sont habitués à me lire savent que je ne m'attarde pas inutilement. Bonne lecture ! Wink


*##*###*##*


Chapitre 4 : Un curieux compagnon de route.


« Quoi déjà six heures ? je réponds paniqué.
- Vous aviez l’air tellement inspiré que je n’ai pas osé vous déranger plus tôt. »

Je commence à rassembler toutes mes feuilles de brouillons dans ma pochette, celles avec chaque partie de la dissertation, celles qui récapitulent le plan même du devoir. Une fois la pochette et ma trousse rangées, j’endosse mon sac, puis m’occupe de refermer les livres soigneusement et de les empiler les uns sur les autres.

« Ne vous en faites pas Glenda, je ne vous en veux pas. C’est de ma faute si je n’ai pas vu le temps passer, j’ajoute en prenant la pile de livres dans mes bras.
- Oh non ! Non ! Laissez-les-moi ! Je les rangerai moi-même ! rétorque-t-elle en m’arrachant les bouquins des mains. Rentrez chez vous, avant que vous ne soyez porté pour mort. »

Elle m’adresse son regard plein de malice, camouflé derrière ses verres. Un sourire discret et amusé étire mes joues quelques secondes.

« Merci, Glenda, mais je n’compte pas mourir ce soir ! »

Je laisse la porte battante se balancer encore et encore sans retenue, tandis que j’avance dans l’allée centrale qui me conduit jusqu’à la sortie. Le jour est encore des nôtres, mais quelques nuages tentent de le prendre en otages, assombrissant les quelques lueurs blanches du soleil. Et voilà que se mêlent les premières gouttes d’une pluie tiède à l’air lourd d’un début d’été.

« Et merde… Manquait plus que ça… »

Je n’ai rien contre la pluie en tant normal, mais là, j’étais plutôt contrarié. Je n’avais pas vu l’heure passer. Je n’ai pas pu récupérer Shonna après son dernier cours, et j’ai loupé le bus du retour. La marche à pied s’impose d’elle-même, alors que la pluie s’amuse à chuchoter sur les feuilles d’arbres, glousser sur les toits de voitures, chanter ses multiples glissages dans les caniveaux. C’est parti pour une demie heure pendant laquelle mes yeux raseront le sol, mes pas slalomeront entre ceux des autres passants, mon cœur s’emballera au rythme de mon agoraphobie. Mes semelles se disputent pas à pas en de grossiers crissements avec les flaques qui se déroulent sur le macadam. Les perles d’eau envahissent mes cheveux, explosent en poussière humide sur mon grain de peau, particules de fraîcheur aussi volatiles que ma concentration et mon esprit. Comment ai-je pu être aussi distrait ? Pourquoi a-t-il fallu que Hamlet m’embarque dans ses filets et me détourne de mes priorités ? Je n’aurais jamais du décoller mes yeux de cette putain d’horloge. Maintenant, comment savoir où elle ? Est-ce qu’elle traine au centre commercial avec ses quatre autres clones vestimentaires ? Est-elle rentrée avec le bus de Ben ? Va savoir si elle sera déjà là quand je rentrerai au foyer. Et si ce n’est pas le cas, devrais-je m’inquiéter ? Elle prend si facilement l’habitude de me fausser compagnie. Ce ne serait pas la première fois qu’elle découcherait. Mais je craints toujours le pire avec elle… Pour elle… Shonna fait déjà beaucoup plus que ses quatorze ans au naturel, de par son physique avantageux qui lui offre quelques formes généreusement. Il suffit d’une mini jupe, de quelques artifices comme le maquillage, les talons de dix centimètres, et ma petite Teigne peut prétendre être ma sœur jumelle, si ce n’est ma grande sœur.

Soudain, un boucan du diable provenant de l’impasse sur ma gauche fait barrage à mes pensées perturbées et me ramène dans la réalité de la pénombre que creusent les deux immeubles de briques. On aurait dit un bruit de métal : une poubelle qui se renverse ou son couvercle qui se prend pour une toupie. Je ne tourne pas les talons. Je n’avance pas dans le guet-apens. Je ne change pas de trottoir. Je reste immobile. Je reste sur mes gardes, un chien de chasse aux aguets. Un son léger et sourd parvient à mes oreilles, aussi fluide que le vent qui siffle entre chaque gouttelette. Un souffle qui se veut rauque et grinçant. Un murmure sans mot qui se veut autoritaire et imposant. C’est un avertissement. Le ton monte en crescendo au point de m’intimider. Puis la dispute éclate : ça crache son désir de vaincre, ça miaule sa colère. Un combat de matou comme on en croise beaucoup. Pas de quoi s’attarder. Je reprends ma marche lorsque l’un d’eux déboule à toute vitesse hors de l’obscurité de l’impasse, me coupant la route à deux doigts de me faire perdre l’équilibre.

« Rhaaaa ! »

Je viens d’assister à la fuite du vaincu, un chat d’un maigre gabarit à la robe brune rayée noir qui s’éloigne toujours d’une foulée endiablée, très certainement froissé dans sa fierté féline. Il ne prend pas garde aux véhicules que sa course immobilise tandis qu’il traverse l’avenue avec frénésie.

« Con d’chat ! »

S’il y a bien un animal dont j’ai horreur, c’est bien celui-là. Je ne saurais l’expliquer : Peut-être est-ce maladif, peut-être est-ce ma paranoïa… Je ne parviens pas à cerner ces créatures. Elles me semblent si versatiles, profiteuses, hypocrites… Et leur regard, ces yeux en amande qui vous insultent de haut, ces iris lumineux qui vous percent si facilement. A croire que ces bestioles se prennent pour l’espèce dominante de la terre. Le pire, ce sont les chats domestiques. Pourquoi appelle-t-on cela chat domestique d’ailleurs ? Un chat à la maison et nous voilà domestiques ! Si monsieur Matou n’a pas sa pâté avec bol de croquettes tous les jours aux mêmes heures, c’est la miaulante dans toute la baraque. Sans parler des griffes sur les murs, les flaques d’urine intempestives, les poils sur les cousins… Les chats représentent tout ce que j’exècre. Mais j’ai une chance incroyable : j’y suis allergique. Comme quoi, je ne les supporte pas dans tous les sens du terme. Mais pour être honnête, j’ai bien d’autre raison de détester ces félidés. Mais cela reste du domaine du confidentiel.

Je reviens à moi et me rends compte que je n’ai pas daigné bouger un orteil depuis que le chat de gouttière ait taillé la route. Je secoue ma tête vivement, les cheveux en ventouse sur le front, prêt à reprendre le trajet malgré le déluge qui s’acharne sur mon dos. Cependant quelque chose m’en empêche : cette impression d’être épié, mise en joue par deux perfides émeraudes qui m’accusent d’être sur leur territoire. J’ose jeter un regard par-dessus l’épaule gauche. Mes soupçons sont fondés : il était là imposant sa carrure de matou de combat, sorti de la pénombre comme assis sur le seuil de son domicile, enrobé dans sa robe à dominante noire tachée de blanc, me narguant de ses yeux mi-clos clignant de temps à autres. Je fronce les sourcils : je ne me laisserai pas impressionner par un animal dont je fais près de cinq fois la taille. Je décide de reprendre mon chemin. Quelques pas et le voilà qui m’interpelle de son miaulement le plus déchirant. Je me retourne légèrement : il n’avait pas bougé d’un poil. Toujours aussi pataud et imposant, il tend le museau vers moi, les moustaches émoustillées par l’humidité ambiante, ses yeux mi-clos clignant d’une fierté qui simule l’indifférence.

« Quoi ? je souffle exaspéré. Qu’est-ce que tu m’veux ? »

Il se relève, s’étire devant moi de tout son long, puis fais quelques pas de loup en ma direction.

« Va-t-en ! je lui lance avec de grands gestes. Allez ! Va renverser quelques poubelles là-bas ! »

Machinalement, il regarde le bout de mon doigt que je pointe vers le trottoir d’en face et en profite pour avancer d’avantage vers moi.

« Nan ! Nan ! Nan ! je commence à paniquer. Reste là où t’es, saleté d’chat ! »

Croyez-vous qu’il m’obéisse ? Cet animal fait honneur à son espèce en défiant mes ordres. Je m’abaisse alors au bord du trottoir, saisis un caillou non loin d’un caniveau, et le jette à quelques centimètres de lui. Je n’aime pas les chats, mais ce n’est pas une raison pour les martyriser gratuitement. Mon action le fait réagir comme je l’entendais : le matou prend la fuite.

Quelques enjambées plus tard, je me retrouve au premier carrefour du trajet, les cheveux dégoulinant mèche par mèche sur mon visage, mon esprit prêt à retourner dans sa purée de pois couleur confusion. Je regarde ma montre par réflex : 18H27. Au point où j’en suis, j’en ai encore pour vingt minutes de marche. Stupides chats… Enfin… A quoi bon les blâmer de mon retard ? Quoi qu’il en soit à mon arrivée, Shonna sera absente. Shonna sera très certainement en vadrouille. Shonna ne sera pas rentrée à temps pour le dîner. Comme d’habitude, en réalité. Je devrais me faire une raison. Shonna et moi ne serons jamais les frère et sœur dont j’ai toujours rêvé. Est-ce de sa faute ? Est-ce de la mienne ? La faute du passé ? Va savoir… Depuis l’accident, je suis passé du statut de frère taquin à celui de tuteur. Du jour au lendemain, j’ai cessé de jouer pour commencer à veiller sur elle. Je ne l’ai plus lâché des yeux. Tant qu’elle était petite, ce besoin instinctif de s’accrocher à sa seule famille flattait mon égo de protecteur pour le faire gonfler d’avantage. Plus je grandissais, plus je me renfermais dans cet unique optique : la protéger et lui apporter tout ce dont elle aurait besoin. Plus Shonna grandissait, plus elle comprenait mon objectif et s’amusait à le retourner à son unique avantage. Selon moi, le maître mot de la fraternité est le partage. Notre fraternité n’est devenue que du gâchis… La faute à qui ? Je sais très bien que je suis responsable de la distance qui nous sépare. A force de vouloir porter le poids de toutes les responsabilités qu’implique le rôle que j’ai choisi, je me suis laissé écraser : par les souvenirs gonflés de douleur, par une jeune fille consciente de mes sacrifices, par mes devoirs en tant qu’élève studieux, en tant que protecteur… Voilà qui je suis : un jeune homme épuisé par sa propre vie et qui ne doit s’en prendre qu’à lui.

« Mmmaaaaaaoooouuu ! »

Je me retourne craignant soudainement croiser deux iris familiers depuis peu. Mes craintes sont fondées : le félin se trouve à quelques pas de moi, immobile, les yeux paraissant toujours aussi ensommeillés.

« Mais qu’est-ce que tu fous là ? Va-t-en ! »

Le voilà qui avance lentement vers moi, le moteur des ronrons démarrant au quart de tour.

« Tu crois franchement que je vais t'laisser m'suivre comme ça ? T’attends quoi de moi ? A manger ? »

Ses babines semblent dessiner un sourire. J’ai bien l’impression que monsieur matou ait compris le dernier mot sorti de ma bouche. Il s’empresse de venir se coller à mes jambes sans me laisser le temps de prendre mes distances. E-t le voici qui se frotte dans un sens, puis dans l’autre. Et Ronron ! Et Miaou !

« Ca suffit le chat ! je lance en tentant de le repousser sans violence du bout du pied. Va-t-en maintenant ! J’suis pas l’Armée du salut, ni l’Arche de Noé ! T’as frappé à la mauvaise porte. »

C’est alors que le félin freine son élan d’affection pour lever des yeux implorants vers moi. Le fameux numéro du Chat Botté de Shrek… M’est d’avis que les producteurs ont du trop souvent croisé ce chat. Je préfère l’ignorer. Un dernier regard aussi froid que la pluie et je reprends ma route sans me retourner.

L’averse ne s’est pas estompée avec les minutes, et je suis arrivé au dernier tournant de ma route trempé jusqu’aux os. Heureusement que je ne suis plus qu’à deux minutes du foyer. Il ne me reste plus qu’à traverser ce passage piéton et… Je me fige dans ma course, estomaqué par cette image que je n’ose croire. Je frotte mes yeux à moitié noyés par la pluie, bats des paupières pour faire tomber les perles d’eau qui s’accrochent à mes cils. Non ! Je ne rêve pas : toujours ce chat de gouttière, posté de l’autre coté du passage à m’attendre sagement, cette plénitude omniprésente dans le reflet vert de ses yeux. Je n’arrive pas à y croire. Qu’il m’aurait suivi, ça j’aurais pu l’admettre. Il a faim, il croit s’être fait un copain. Mais qu’il m’attende à deux pas de mon toit, comme s’il savait depuis le début où j’allais, c’est une chose que je trouve invraisemblable. Et pourtant, l’évidence est là. Le chat aussi. Ce gros matou qui brusquement se redresse, le dos rond aux poils hérissés, les yeux inhabituellement écarquillés. Il se met sur la défensive. Je le devine en train de grommeler, bien que le bruit des gouttes de pluie qui martèlent le macadam m’empêche de l’entendre. Soudain un son extrêmement aigu déchire mes tympans. Serait-ce le chat qui s’est mis à cracher ? Un concert de klaxon et de pneus crissants résonne dans l’avenue. Une voiture d’un gabarit certain pile au niveau du passage piéton sur lequel je m’étais arrêté. Le chauffeur prend la peine, malgré l’averse, de baisser la vitre et d’y passer la tête.

« Non mais ça va pas la tête ? Reste pas planter là comme ça !
- Ah ! Euh… Excusez-moi, Monsieur ! Je… J’avais l’esprit ailleurs.
- Ouais ben moi j’ai bien failli t’expédier dans l’au-delà ! T’as de la chance que je t’ai vu à temps avec ce torrent qui tombe du ciel ! »

Pris de cours, je suis incapable d’agir, ni de dire quoi que ce soit. Le chauffeur me réveille à nouveau à l’aide de son klaxon.

« Aller dégage p’tit con ! J’ai pas que ça à faire, moi ! »

Ni une, ni deux, je m’exécute à petite foulée pour traverser la chaussée noyée sous les flots. Mes yeux posés sur le trottoir, le chat avait disparu.


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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Ven 13 Juin - 19:51

"On dit toujours demain..."

Mais moi quand je le dis, je le fais Ludi' ! Wink

Bref, même si je ne suis pas fana de Billy the cat, loin de là, j'apprécie le début de ta fiction.
J'aime ta façon d'écrire, dévelloppée, détaillée, tu prend soins de chaque parcelle de ce qui constitue ton écrit : j'aime ça.
Et l'intrigue m'intéresse pas mal :
le stéréotype de la relation qu'entretiennent Megan et Shonna, les deux opposés peut être intéressante à dévelloppée.
En fait du met en scène deux personnages vraiment "type" : Shonna, la fille a l'air superficielle mais qui, au fond, est intelligente et doit sûrement souffrir de par son passé etc... et Megan, le grand frère sur-protecteur, sérieux, solitaire...

Bref, j'attend la suite ! Very Happy

Et la petite phrase qui a retenu mon attention :
" A vrai dire, moins je m’attacherai à de personnes, moins j’aurais le malheur de les perdre dans d’amères circonstances"
Parceque c'est ce que je me suis dit, ce que je me suis promis nombre de fois, après chaque perte...
Mais promesse que je n'arrive pas à tenir. Alors, lui non plus, il me semble, ne pourra pas s'enfermer définitivment dans cette attitude.

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MessageSujet: renaud   Sam 14 Juin - 17:38

comme d'habitude, tu arrives à décrire magnifiquement bien. toujours très parfait de côté-là. On sent que l'histoire est en train de tourner, il se passe quelque chose... Vivement la suite

petite phrase sur laqeulle je me suis arrêté
A croire que ces bestioles se prennent pour l’espèce dominante de la terre.
Que dire des hommes alors ?
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Mar 17 Juin - 1:32

Surement le meilleur chapitre jusqu'à maintenant pour ma part, j'ai beaucoup aimé. Megan est creusé en profondeur, on sympathise de plus en plus avec le personnage. On voit bien que sa soeur c'est toute sa vie, il ne fait que parler d'elle ou penser à elle, c'est pour ça qu'il est aussi critique avec elle aussi, parce qu'il tient à elle et qu'il veut pas la voir faire n'importe quoi. C'est souvent comme ca, on critique plus ou on met plus l'accent sur les défauts des personnes qu'on aime, qui nous sont proches, tout simplement parce que ça a plus d'importance que tout le reste pour nous, on veut que ces personnes soient bien parce qu'on les aime justement. Je sais pas si je me suis fait comprendre lol.

Enfin bref, sinon trés bonne idée d'introduire les chats avant même que Megan en devienne un, ca permet d'apprécier la relation actuelle de celui-çi avec les chats et de voir la différence par la suite, comment il va gérer cette répulsion pour les chats alors qu'il sera en plein dans leur monde Razz En passant c'est marrant de voir que t'as écrit tout l'opposé de ce que tu penses à propos des chats.

Pour finir j'ai tilté sur une réplique : « Merci, Glenda, mais je n’compte pas mourir ce soir ! », j'étais quasiment sur que c'était un clin d'oeil au fait qu'il allait justement mourir le soir même, il s'est avéré que non même si c'est pas passé loin. Encore que la nuit n'est pas terminée... hihi.

Vala trés bien donc, vivement la suite.

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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Mar 17 Juin - 10:13

Citation :
S’il y a bien un animal dont j’ai horreur, c’est bien celui-là. Je ne saurais l’expliquer : Peut-être est-ce maladif, peut-être est-ce ma paranoïa… Je ne parviens pas à cerner ces créatures. Elles me semblent si versatiles, profiteuses, hypocrites…

===>Et le fait qu'ils ne savent rien foutre que manger et dormir xD

bref je déteste ces animaux... mégan.... copain Very Happy

Citation :

Merci à tous pour vos réactions sur le dernier chapitre. Ne t'inquiète pas Jeff ! Tu auras l'occas de revoir l'ami Benny prochainnement. Je lui prévois quelques apparitions ça et là.

===> Twisted Evil


Citation :
" A vrai dire, moins je m’attacherai à de personnes, moins j’aurais le malheur de les perdre dans d’amères circonstances"

===>A peu près la même chose qu'Iréelle, c'est dingue comme fréquemment on peu perdre des connaissances pour une raison ou une autre

Citation :

A croire que ces bestioles se prennent pour l’espèce dominante de la terre.

===>Nop, pas moyen

Citation :
Que dire des hommes alors ?

===>héhé


Même si je suis loin d'être fan de la série Shrek, j'ai bien aimé le ti clin d'oeil au chat poté, je ne m'y attendais pas du tout, ça fait toujours plaisir les petites références par ci par là.

Bon chapitre également pour ma part, j'attends également la suite.
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Mar 17 Juin - 21:50

Tit Coeur a écrit:
C'est souvent comme ca, on critique plus ou on met plus l'accent sur les défauts des personnes qu'on aime, qui nous sont proches, tout simplement parce que ça a plus d'importance que tout le reste pour nous, on veut que ces personnes soient bien parce qu'on les aime justement. Je sais pas si je me suis fait comprendre lol.


Embarassed Embarassed Embarassed oui je t'ai très bien compris.

Mon tit Superman a écrit:
Trés bonne idée d'introduire les chats avant même que Megan en devienne un, ca permet d'apprécier la relation actuelle de celui-çi avec les chats et de voir la différence par la suite, comment il va gérer cette répulsion pour les chats alors qu'il sera en plein dans leur monde Razz


Tout juste Auguste ! Mais ce passage sert également à autre chose, mais ça a echappé à ta perspicacité ! Dommage !

Sexy Boy a écrit:
En passant c'est marrant de voir que t'as écrit tout l'opposé de ce que tu penses à propos des chats.


J'ai tenté d'être dans la tête de Jeff ! Pas facile ! J'ai même presque échoué ! La preuve : ...

Jeff a écrit:
Citation :
S’il y a bien un animal dont j’ai horreur, c’est bien celui-là. Je ne saurais l’expliquer : Peut-être est-ce maladif, peut-être est-ce ma paranoïa… Je ne parviens pas à cerner ces créatures. Elles me semblent si versatiles, profiteuses, hypocrites…

===>Et le fait qu'ils ne savent rien foutre que manger et dormir xD

Tit Coeur qui a l'oeil a écrit:
Pour finir j'ai tilté sur une réplique : « Merci, Glenda, mais je n’compte pas mourir ce soir ! », j'étais quasiment sur que c'était un clin d'oeil au fait qu'il allait justement mourir le soir même, il s'est avéré que non même si c'est pas passé loin.

Bien ouej Very Happy ! J'esperais qu'il serait remarqué.
C'est d'ailleurs pour cela que non : Megan n'est pas mort ! C'était un piège Twisted Evil gnark Twisted Evil gnark Twisted Evil gnark Twisted Evil !

Le CHATpelier botté a écrit:
Même si je suis loin d'être fan de la série Shrek, j'ai bien aimé le ti clin d'oeil au chat poté, je ne m'y attendais pas du tout, ça fait toujours plaisir les petites références par ci par là.


Je suis cultivée MOA Môssieur ! lol
Nan mais sérieusement je suis une grande fan du Chat Botté dans Shrek ! Des que je peux le placer je le fais. Razz


Pour finir ce petit post transitoire, merci à Mo² pour son premier commentaire ! Ca me fait très plaisir que tu suives mon roman et j'espère ne pas te décevoir avec mes suites !
Renaud, merci a toi aussi ! Je sais que tu es un fan inconditionnel de ma précision légendaire lol !

J'ai d'ores et déjà commencer le 5e chapitre mais je ne sais pas encore à quel rythme je vais le poursuivre, donc pour le moment... Chut ! Je n'ai rien dit ! Wink
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Mar 17 Juin - 22:45

Trés bonne idée d'introduire les chats avant même que Megan en devienne un, ca permet d'apprécier la relation actuelle de celui-çi avec les chats et de voir la différence par la suite, comment il va gérer cette répulsion pour les chats alors qu'il sera en plein dans leur monde Razz

Tout juste Auguste ! Mais ce passage sert également à autre chose, mais ça a echappé à ta perspicacité ! Dommage


Bah je suppose que ca introduit le chat avec qui il va se retrouver une fois en chat lui-même non ? Mais bon c'était tellement logique que je l'ai pas signalé Razz Razz
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Jeu 26 Juin - 11:05

J'adore le passage où Megan parle de la pluie What a Face
C'est précis, poétique, imagé très joliment...
Toujours pareil avec toi, tu nous fait encore mariner pour le moment le plus interressant !
Yul'D, tes mauvaises habitudes me feront craquer.
On commence à rentrer dans le vif du sujet!
Suiiiite <33
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MessageSujet: Re: Neuf moins Un...   Mer 9 Juil - 19:57

/!\ WARNING /!\ Ce chapitre contient une scène érotique très subjective /!\ WARNING /!\


Chapitre 5 : Trahisons à l'unisson.


Plateau sur le rail portant un petit bol de crudités, une coupe de fruits frais, un soda énergétique et les couverts et vaisselle nécessaires pour un repas en cafétéria, j’avance vers la cuisinière pour le choix du plat principal.

« Vous nous proposez quoi pour ce soir, Rosie ?
- Spaghettis Carbonara ou hachis Parmentier !
- Rien de diététique à ce que je vois.
- J’en suis bien navrée pour vous Megan, me sourit-elle plein de compassion, mais vous êtes le seul pensionnaire du foyer à vouloir manger sain et équilibré.
- Je sais. La politique du repas du soir, c’est de faire plaisir aux petits palais qui se cachent sous ce toit. »

Mes prunelles prennent le temps d’un soupir hésitant pour zigzaguer en quête d’une décision qui a du mal à se prononcer. Entre les sucres lents et les lipides des spaghettis carbonara et les féculents mélangés à une viande sur-protéinée pour le hachis, j’avoue ne pas savoir lequel de ces plats sera le moins lourd à digérer.

« Bon, je finis par lâcher, je vais prendre une PETITE part de hachis.
- Très bien. »

Elle coupe une part raisonnable comparée à celle qu’elle a l’habitude de faire, la dépose dans une grande assiette qu’elle me tend en m’offrant son sourire radieux.

« Et bon appétit ! »

Je lui rends un sourire discret, lèvres liées, et m’éloigne du circuit du self pour me trouver une place à l’autre bout du réfectoire, coté fenêtre comme d’habitude. La pluie s’acharne sur le carreau, s’écrase en millions de gouttelettes qui glissent sur le verre râpeux, et mon regard se perd dans ce spectacle naturel. Et c’est tous les soirs comme ça : je m’assois à la table la plus éloignée de l’influence, enfermé dans mon coin à ruminer le peu de nourriture qui remplit mon plateau. Comme d’habitude, je vais ensuite débarrasser mes restes sur le chariot avant de quitter la salle sans un mot. Pour n’étonner personne, la prochaine escale sera ma chambre où je trouverais devoirs et révisions à profusion.

Un regard général sur le réfectoire et je constate sans grand étonnement l’absence de ma sœur. Qu’elle loupe le repas du soir est devenue une habitude, ce qui a pour conséquence un déclin de mon inquiétude. Je dis bien déclin ! Pas disparition totale. J’aurais toujours en moi une lueur de crainte concernant Shonna : la crainte de la perdre.
Un soupir, une dernière bouchée forcée et je repose ma fourchette dans l’assiette à moitié vidée. Je me saisis de la cuillère, avale le contenue de la coupe de fruits, écoule les dernières gouttes de soda et m’essuie la bouche avec une serviette en papier. Je me relève, prends en main le plateau et va le débarrasser sur le chariot. Je traverse le hall d’un pas déterminé jusqu’à la porte battante, le tout sans un mot. Je sais pertinemment que tous les regards pèsent sur mes épaules lors de mes sorties silencieuses du réfectoire. Un certain nombre de résidents du foyer ont tenté de faire ma connaissance, en vain. Soit je restais muet comme une carpe, soit j’étais aussi désagréable qu’avec Dean ce matin. Dans tous les cas, tous ceux qui ont tenté de m’approcher ont taillé leur route au bout de cinq minutes d’affrontement. Je suis plutôt doué pour dissuader les gens de nouer quelconque lien avec moi.

Je poursuis mon chemin dans le couloir principal jusqu’à l’escalier central. Je monte les marches quatre à quatre jusqu’au premier étage, celui des chambres des garçons. La mienne se trouve tout au bout à gauche. Une fois arrivé dans mon antre, je me poste immédiatement à mon bureau pour recopier proprement mes notes concernant le devoir de littérature de Shonna. Je n’allais pas tout lui faire non plus ! Il faut bien qu’elle soit écrite de sa main cette dissertation. Le remplissage de lignes, elle en est tout à fait capable : il n’y a qu’à lire son journal intime ! Chose que je n’ai pas fait. Mais le nombre de fois qu’elle s’approprie ma chambre pendant mes révisions pour écouter sa musique, lire ses magazines et écrire son journal, j’ai eu l’occasion de l’y voir consacrer des heures à le remplir. Je lui fais confiance pour ce qui est de broder son devoir avec de jolies phrases. C’est pour cela je me contente de lui recopier le plan au propre, ainsi que les idées principales de manière assez développée pour qu’elle en cerne l’intérêt. Shonna n’est pas idiote, juste fainéante. Et je pense lui avoir assez mâché le travail.

« Aller ! J’en ai fait assez. »

Il ne faut pas croire que je suis une bête de travail. Je connais mes limites et j’aime me détendre un temps soit peu. Il est donc l’heure pour moi de faire mon petit passage en salle TV. Cette dernière se trouve au troisième étage, l’étage des distractions. Il y a également une bibliothèque… enfin bibliothèque… Une salle remplie d’étagères où dorment BD, Manga et romans d’évasion. La littérature à proprement parler n’a pas sa place dans ces rayons. On trouve également à cette étage une salle de jeux, demeure de deux flippers, deux babyfoots, une table de ping pong, un coin divan et fauteuils avec table basse, et d’une armoire regorgeant de tout type de jeux de société. Une vidéothèque plus ou moins élaborée élit également domicile à cet étage, non loin de la salle TV, cela paraît évident. On y trouve cassettes vidéos et DVD’s de films de tout genre, du fantastique à l’action, en passant par le comique et le policier, sans oublier la collection complète des classiques de Disney et les nombreuses nouvelles productions en 3D. Je ne peux pas nier, il y a du choix à sa mettre sous les yeux.

Je sors de ma chambre en prenant soin de la verrouiller derrière moi, gravis les deux étages d’escalier sans grande précipitation, et avance dans le couloir du troisième étage en direction de la vidéothèque. J’ouvre la porte, tâtonne le mur pour trouver l’interrupteur, et une fois celui-ci allumé, fais quelques pas vers la seconde rangée d’étagères, le rayon des drames. Une fois de plus, ma main se laisse guider jusqu’à la cassette vidéo de mon classique : Antartica, la version originale. J’ai eu connaissance du remake fait il y a quelques temps, mais rien ne vaut le film japonais réalisé dans les années 1980 selon moi. Je me souviens de la première fois où je l’ai vu. Nous étions tous réunis sur le canapé : Papa avec Shonna sur ses genoux, âgée de trois ans à peine, toujours le pouce dans la bouche. Maman emballée dans sa robe de chambre, qui m’enlaçait de ses bras, me cachant les yeux lors des scènes trop dures. Un de mes rares souvenirs où la famille était réunie au grand complet. Peut être est-ce dû à ce souvenir que ce film reste mon préféré, bien qu’avec le temps et le nombre de fois où mes yeux l’ont dévoré, j’ai appris à l’apprécier pour son histoire. Le fait même qu’elle se soit véritablement produite me laisse encore moins indifférent. La jaquette en main, je sors de la pièce, sans oublier d’éteindre la lumière et de refermer la porte délicatement.

Mes pas m’emmènent à la salle TV, lentement mais sûrement, tout en espérant qu’elle ne serait pas occupée. Je pousse la porte, jette un coup d’œil : la voie est libre. Je lâche un minuscule soupir de soulagement. S’il s’avérait que la salle était déjà prise, j’aurais tout simplement fait demi-tour. Je n’aime pas déranger par ma présence, même si je sais pertinemment qu’étant le doyen des résidents du foyer, on m’aurait céder la place sans broncher. Je n’aime pas profiter de ce pouvoir que mon âge m’octroie malgré moi. J’avance donc dans la salle en direction du téléviseur, allume le magnétoscope et y insère la cassette, me saisis de la télécommande et vais prendre place sur un fauteuil au premier rang. Je lève la télécommande en direction de la télé pour la sortir du mode veille. La cassette se lance d’elle-même en mode lecture et c’est partie pour plus de deux heures d’émotions.

Le générique de fin se déroule sur l’écran. Les larmes tentent encore de percer mes défenses tandis que j’éteints la télévision et retire la vidéo du magnétoscope. Ce film continue à ravager mon for intérieur, malgré le blindage que j’endurcis d’année en année. En un sens, le regarder me rassure : je ne suis pas encore un monstre insensible et inhumain. Il est la garantie de l’authenticité de mes sentiments. Tant que ce film persistera à me retourner le cœur, me serrer les entrailles et mouiller mes yeux, je serai sûr que d’être encore sain de cœur et d’esprit. Je tourne les talons vers la sortie, m’attarde à éteindre les lumières et enfin ferme la porte. Je me dirige vers la vidéothèque afin de ranger la cassette à sa place, chose qui ne me prend pas beaucoup de temps. Je prends soin de lui rendre sa place dans le classement des vidéos, puis sors sans un bruit. Je regarde ma montre : il n’est pas loin d’une heure du matin, à un quart d’heure près. Je me dirige vers l’escalier, lorsque des bruits de pas m’alertent. Je tends l’oreille : ils proviennent d’un étage inférieur. Je descends les marches qui me séparent des chuchotements qui se profilent au deuxième. Arrivé à l’étage des filles, je reconnais la silhouette de Shonna dans la pénombre, entrain de déverrouiller sa chambre le plus discrètement possible. Elle pousse ensuite sa porte, tout en allumant sa petit lampe sur le coté, me laissant l’occasion de deviner une seconde silhouette.

« Aller rentre ! Reste pas planter là ! chuchote-t-elle de son impatience. J’ai pas l’droit d’amener des gens ici, alors magne ! »

Cela ne m’étonnerait qu’à moitié, que la personne laissant ma sœur lui donner des ordres sur un ton aussi sec soit sa dernière conquête. Mais ai-je franchement quelque chose à dire ? Cela doit bien faire deux ans que Shonna n’en fait qu’à sa tête et que je me lasse de ne pas être écouter. Alors je laisse faire, tout en la surveillant de loin. C’est tout ce qu’il m’est possible de faire pour la protéger des autres, et surtout d’elle-même. Je descends les escaliers tentant de concilier vitesse et discrétion, rejoints ma chambre, insère ma clé dans la serrure et ouvre la porte, me précipitant sur mon bureau pour rassembler mes dernières feuilles sur le sujet de littérature. Shonna ne va pas s’endormir de si tôt et je vais en profiter pour lui donner ce sur quoi j’avais travaillé ces derniers jours. Après tout c’est le moment ou jamais. Il ne lui reste plus que la journée de demain pour recopier son devoir. Et peu importe si je la dérange en pleine entreprise de séduction. Peu m’importe de l’interrompe dans la phase capitale de son rituel de mante religieuse. Peu m’importe de l’humilier lors de son tête à tête avec sa victime. Oui, peu m’importe : il y a plus important que ça.

Je survole vite fait mes dernières notes, prends soin de classer les feuilles dans l’ordre de ma réflexion, attrape au passage l’œuvre théâtrale et m’empresse de quitter la chambre en la verrouillant d’un unique tour de clé. Je grimpe les escaliers quatre à quatre jusqu’à son étage. L’air suffoque déjà d’une ambiance humide alors que je traverse la largeur du couloir à pas lent en direction de sa chambre. Le mur tremble légèrement. Shonna et son invité n’ont pas eu la patience de suivre la coutume et ont préféré passer outre les préliminaires. Les décibels étouffées de sa voix laissent à désirer pour le moment. C’est l’instant que je choisis pour toquer à la porte. J’attends quelques secondes. Les aurais-je interrompus ? Bien sûr que non. Le rythme régulier des mouvements est de plus en plus perceptible, aussi bien à l’ouïe qu’au toucher. Je renouvelle mes trois coups sur le bois de la porte. Shonna se laissent aller, retenant de moins en moins le plaisir coincé dans sa gorge. La chaleur de la colère monte en moi, tout comme elle doit envahir la chambre de ma sœur, mais pour toute autre raison. Je toque encore et encore, mon poing sur la porte de plus en plus oppressant, les vibrations de plus en plus lourdes et violentes, les gémissements de ma sœur encore plus stridents. Aucun respect pour les autres résidents du foyer. Je ne résiste pas. Je ne résiste plus. Ma main se pose sur la clenche et la porte s’ouvre. Tellement pressée de dévorer sa proie que ma petite Teigne en a oublié de verrouiller sa chambre.

« Hey ! hurle-t-elle frustrée alors qu’elle se recouvre de son drap fin. »



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