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 [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme

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°Yul'Dwin°
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MessageSujet: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Mer 18 Juin - 19:30

Validée par : Mamzelle et Le Chapelier Toqué !
Thème : Tokio Hotel
Titre : Jouer avec son âme
Personnages : Emily (la narratrice), un des TH (Je préfère garder le mystère sur son identité. Vous la découvrirez bien assez tôt), et Shown.
Résumé : Le talent est un don, peu importe l’origine. Lors d'une interview, l'un des garçons ose lever le voile sur le secret de son talent à travers ses souvenirs d'enfance. Des souvenirs beaucoup plus noirs que l'on ne croirait.
Warnings : un zeste de Yaoi.
Concept : calqué sur celui d’Entretien avec un Vampire pour la forme, et sur le mythe de Faust pour le fond (Non non je ne copie pas NTHA).
Point de vue écriture, la narration se mêle au dialogue pour donner un coté plus vivant. En espérant que cela ne pertubera pas votre lecture et la comprehension de cette histoire.
A noter que cette courte fic était prévu pour être une OS, mais vu la longueur... il était impossible de la faire en un seul post.


T++++++++T





Chapitre 1 : Confidence...


« Vous voulez connaître mon secret ? »

Son regard plein d’arrogance, son sourire en coin, il s’en retourna vers la fenêtre avec détachement.

« Celui de mon talent ? »

Une œillade grisée par-dessus son épaule, je devenais sa proie. Son pouvoir m’envahissait de frisson en tremblement, chacun d’eux coupable de ma chair de poule. Mais je me devais de garder la tête froide. J’étais en plein travail et je ne devais pas me laisser impressionner. Je me raclai la gorge afin d’éclaircir ma future réponse.

« Quelle question ! Vous savez à qui vous avez à faire ! »

Son assurance était contagieuse, bien qu’en tant normal j’étais loin d’en manquer. Il s’avança vers moi, à pas lent, comme tout prédateur qui veut prendre son temps, certain que son gibier ne peut se dérober.

« A la plus séduisante des journalistes qu’il m’ait été donné de croiser dans toute mon existence. »

Sur ma chaise, en train de jouer du stylo façon Britney Spears dans son premier clip, je décroisai les jambes afin d’inter changer leur position, sans bousculer mon bloc note qui avait élu domicile sur mes cuisses. La tête penchée sur le coté, je ne pouvais m’empêcher d’obéir au cliché de la femme fatale : la jupe de tailleur, les collants couleur chair, la chemise blanche dégrafée de deux boutons, les cheveux soigneusement relevés avec quelques mèches bouclées et indisciplinées, une fine paire de lunettes tout ce qu’il y avait de plus basique, le maquillage naturel et aguichant. La panoplie complète de la femme qui s’assume et qui se montre en somme.
Alors qu’il se tenait face à moi, il se pencha, ses mains sur mes genoux apparents, son jeu de séducteur camouflé dans ses iris couleur marbre.

« Mais puisqu’il s’agit d’un secret, pourriez vous, ma chère Emily…
»

Un sourire dégoulinant de pouvoir de domination.

« … Je peux vous appeler comme ça … ? … Emily ? »

Je hochai la tête d’un mouvement consentant.

« Donc, très chère Emily… »

Ses paroles s’amusaient à respirer au creux de mon cou. Son souffle chaud, sensuel… Il m’ensorcelait peu à peu.

« Auriez-vous l’amabilité d’éteindre votre appareil ? »

J’aurais très bien pu feinter le mouvement de mon index sur la touche stop de mon dictaphone, faire mine de ranger l’appareil - comme il disait si bien - dans le fond de mon sac, tout en laissant la bande suivre les révélations à venir. Non. Au lieu de cela, je remis le bouchon de mon stylo, posai mon bloc sur la table, me saisis du dictaphone, cessai l’enregistrement, et, afin de prouver mon honnêteté, sortis la cassette de l’interview et la mis en évidence sur la table.

« Très bien.
- Vous voyez ? Je suis de bonne foi.
- Oh ! Mais je n’en doutais pas. »

Il prit place en face de moi, sur le rebord du lit de sa chambre d’hôtel dans laquelle je fus invitée. Les coudes sur les genoux, les doigts entrelacés en bon repose-menton, il me fixa sans cligner une seule fois des cils. Je ne saurais dire ce que je ressentais à cet instant. De la peur ? De la curiosité ? De l’excitation ? Peut être un savant concentré de tout cela que l’on appelle plus communément adrénaline.

« Vous savez… Tout a commencé avant même que je ne rencontre les autres… J’étais un collégien, tout ce qu’il y avait de plus banal. Enfin… Vous connaissez le cliché de l’élève timide qui n’ose pas affronter ses profs et ses camarades, le petit gros qui aurait plus envie de devenir invisible, celui dont on ne se lasse pas de se moquer et de malmener pendant les récrés et à la sortie des cours… »

A croire qu’il était sur le point de me révéler sa vie entière. A croire que… j’étais devenue paroissienne et qu’il venait se confesser pour la toute première fois. J’avais beau être journaliste, je n’avais pas l’habitude qu’on se dévoile à ce point devant moi. J’étais surtout journaliste, indigne de toute confiance, sous peine de retrouver ses secrets en gros plan sur couverture d’un magazine. Je crois que c’est ce qui m’avait le plus choqué lors de cet entretien. Cette impression qu’il me faisait confiance.

« Alors… Comme tout rejeté social, je me suis enfermé dans mon monde, mes rêves qui avaient surtout le goût de chimères, vous voyez ? Le genre de rêves qu’on sait pertinemment qu’ils ne se réaliseront jamais. »

Peut être cliché, le petit gros qui fuit la réalité, mais si triste cliché. On ne peut y être insensible, même si les enfants rejetés des leurs sont monnaie courante de nos jours.

« Avez-vous eu un ami imaginaire étant petite ?
- Euh… »

Je ne voulais pas le frustrer d’avantage. Evidemment, je n’étais pas arrivée au summum de mon assurance à cette période de ma vie, mais je n’étais pas timide lors de mes années lycée. J’étais très appréciée, sans pour autant répondre au cliché de la fille populaire. J’étais tout simplement naturelle.

« … à vrai dire…
- Pas la peine. J’ai compris. »

Je me détachais de son regard insistant, gênée de ne pouvoir lui donner raison.

« Désolée…
- Vous n’avez pas à être désolée, Emily. La vie est ainsi faite de chanceux et de malchanceux. Mais pour ma part, cette… solitude, dira-t-on, m’a apporté bien plus qu’on ne pourrait le croire. Effectivement je me suis créé non pas un seul, mais plusieurs amis imaginaires. Souvent mes peluches que je voulais absolument voir prendre vie. Puis je finis par m’ennuyer d’eux. Et c’est là que Shown est apparu. »

Le ton qu’il avait pris, le sourire qui s’en dessinait, ce nom sonna à mes oreilles comme s’il provenait du fin fond du néant. Court, lourd, mais rempli de puissance.



T++++++++T


Dernière édition par °Yul'Dwin° le Dim 27 Juil - 13:48, édité 1 fois
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renaud
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MessageSujet: renaud   Dim 22 Juin - 21:16

Je suis le premier à mettre un commentaire ça change lol
Ben je trouve ce début très intriguant. En fait, je suis pressé de voir la suite!
Comme d'habitude, toujours ces détails précis que j'apprécie beaucoup!
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°Yul'Dwin°
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Mar 24 Juin - 19:41

Chapitre 2 : Dévotion ?


« Shown était tout ce qu’il y avait de plus réel, mais il vivait en clandestinité. Il ne se montrait qu’à très peu de personnes. Ses élus comme il se plaisait à les nommer. Et bien entendu, j’étais l’un d’eux. Il est venu à ma rencontre pour la première fois, alors que je revenais de l’école. Je m’en souviens comme si c’était hier… »

Un sourire nostalgique semblait gonfler son cœur de joie.

« Il venait en sens inverse, et lorsqu’il me croisait, il m’a attrapé le bras pour m’arrêter. Sans me regarder, il m’annonçait qu’il était là pour moi, qu’il avait entendu mes cris de détresses. Au début je ne comprenais pas. Je croyais à une plaisanterie, un coup monté par les caïds du collège. Qui aurait voulu venir en aide au pauvre petit obèse désespéré du quartier ? »

Il ricana, nerveusement je pense, mais je décelai malgré tout un cynisme mal placé dans le timbre de son rire, à la limite du diabolique. Les gens bien intentionnés n’existaient ils pas dans ce monde ? Etaient-ils tous cruels envers les faibles ? Il en semblait convaincu à en croire son discours, à en voir sa réaction.

« Mais lorsqu’il m’adressait la parole, je ne pouvais que le croire. Il était… Comment dire… Il… avait cette assurance, cette conviction… Il semblait intouchable. Rien ne pouvait l’atteindre. Le genre de personne qui est crainte plus qu’elle ne craint, qui est admirée plus qu’elle n’admire. Le genre de personne qui influence plus qu’elle n’est influencée. »

Plus il s’enfonçait dans sa description de ce fameux Shown, plus ses yeux s’illuminaient d’une intarissable flamme : celle d’une admiration qui virait vers une malsaine dévotion.

« Il était tout ce que je désirais être. Il était mon… mon modèle. »

A vrai dire, je pouvais le comprendre, même si tout cela me semblait suspect. Il était jeune, perdu, sans repère. Et une main s’était tendue vers lui. N’importe qui l’aurait saisi sans réfléchir.

« Et ensuite ? »

La curiosité journalistique avait repris le dessus. Certes, c’était son histoire, mais je ne voulais pas qu’il s’égare dans son élogieux portrait de celui qu’il devait considérer comme son sauveur. Après tout, il a bien du le sauver de quelque chose, sinon pourquoi lui vouerait il un tel culte ?

« Euh… Oui… Au départ, je ne le croisais que rarement. Quand ma mère m’envoyait faire des courses de dernière minute à l’épicerie du coin, par exemple. Il se trouvait à m’attendre adossé contre un mur ou stationnait soudainement à un feu piéton. Il débarquait toujours quand je m’y attendais le moins. »

Il était plongé dans son récit. Il revivait chaque seconde de ce qui donnait l’impression d’être l’épisode le plus important de sa vie. Et, chose étrange, il avait réussi à m’embarquer dans ce voyage intemporel.

« Alors… ? »

" Alors ? Toujours à marcher la tête baissée à ce que je vois. "

« Il avait toujours le sourire pendu sur ses lèvres luisantes, le regard brillant, brûlant. Il donnait l’impression de lire en moi comme dans un livre ouvert. Et souvent, après ces premières paroles qu’il
m’adressait…
»

Je devinais cet étrange jeune homme sortir son paquet de cigarettes de sa poche de jean, en extraire une pour l’allumer sous le nez de ce collégien qui se faisait plus discret que son ombre. Je ne saurais dire pourquoi mais j’attribuais volontiers les traits actuels de Bill à ce personnage sorti de nulle part.

" Alors ta journée ?
- Euh…
- Je vois. Tu t’es encore laissé marcher sur les pieds.
- Ben… On peut dire ça. "

« A croire qu’il ne supportait pas ça, que les gens me traitent comme un moins que rien, une sous-merde. »

" Je comprends maintenant pourquoi la honte est la seule expression que connaisse ton visage. "

« Il était loin d’avoir tort. J’avais honte de moi. Honte de mon image aux yeux des gens. Honte de ce corps plein de bourrelets, de ces joues de hamster, de ces fringues de grand-père. Honte de ne jamais avoir les couilles pour se défendre, ni même oser répondre à qui que ce soit. Shown était très direct, et de ce fait souvent blessant, mais c’était pour la bonne cause. Après tout, il était le premier à s’être intéressé à moi. »

Il se leva pour revenir à la rencontre de la fenêtre et du paysage qu’il affectionnait tant. Son mouvement fut rapide mais je pus déceler une once de tristesse pointer au bout d’une larme.

« Puis arriva le jour… le jour de la bagarre à la sortie des cours. C’était un jeudi. Ils étaient cinq à m’attendre derrière les grilles afin de ne plus être sous la responsabilité du collège. Je ne pouvais rien faire. Ils m’avaient encerclé. D’abord les coups de poings… et… ensuite… »




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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Mar 1 Juil - 21:51

Chapitre 3 : Confiance...


D’abord les coups de poings dans le ventre pour l’essouffler et le plier en deux. Ensuite les coups de pieds pour l’écraser comme un insecte. Puis vinrent les crachats lassés que les coups ne l’aient achevé que moralement. Les cinq caïds avaient ensuite tourné les talons… Et là…

« Et là… »

" Et bien c’est du joli tout ça. "

Shown…

« Shown était là, à se tenir devant eux. »

… avec sa cigarette bien entendu.

" Cinq contre un ! Les poings, les pieds ! Tout y est passé à ce que je vois ! "

« Et eux se tenaient devant lui, alignés comme des premières classes lors d’une inspection de chambre, attendant le verdict de leur supérieur. »

" Et en plus vous comptiez vous enfuir sans même assumer vos actes ? C’est vraiment ce qu’on peut appeler… "

« … faire preuve de courage. C’étaient ses mots. C’était exactement ça. Il se tenait nez à nez avec eux. Il n’avait pas besoin de lever le poing, ni même d’hausser le ton. Il leur inspirait la peur comme il m’inspirait la confiance. »

" Aller ! Lève-toi ! Montre-leur. "

Et il s’était exécuté. Le nez sanguinolent, il s’était empressé de se réfugier dans le dos de Shown.

« Il adressa un dernier avertissement avant de les laisser fuir à toute jambe. Depuis ce jour, j’avais la certitude que Shown ne désirait que mon bien être. On se voyait de plus en plus souvent. Il venait me chercher tous les jours au collège pour faire le chemin du retour. Parfois un petit détour par le parc pour aller fumer. C’est avec lui effectivement que j’ai commencé la cigarette. Les jours, les semaines, les mois passaient, me rapprochant de lui d’avantage. Il était le seul avec qui je me sentais vraiment bien. Je pouvais me laisser aller. Je n’avais pas honte d’être moi, puisqu’il m’acceptait tel que j’étais. Mon seul ami. »

Il osa se décoller de la vitre pour jeter un œil vers moi. Il prit alors une expression neutre et se retourna pour faire les cent pas devant le lit.

« Mais un jour… »

" Je vais bientôt devoir partir. "




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renaud
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MessageSujet: renaud   Ven 4 Juil - 18:26

j'ai rattrapé mon retard ici aussi !
j'aime beaucoup le fait qu'il y ait différentes situations qui se mélangent! En plus ce n'est pas confus pour autant, donc pour le moment, ça me plait ! =)
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Ven 4 Juil - 19:00

Merci beaucoup Renaud ! Comme quoi les fic TH c'est pas forcément de la gnognotte ! Wink
Ton intervention mérite une nouvelle suite !




Chapitre 4 : Passion.



" Je vais bientôt devoir partir.
- Hein ? Mais… Mais où ? Où ça ? Tu… tu déménages ?
- Pour déménager, il faut d’abord habiter quelque part.
- Mais ! Mais pourquoi tu t’en vas ? J’ai… J’ai fais quelque chose qu’il ne fallait pas ?
- Rassure-toi. Ce n’est pas contre toi.
- Mais !
- Ecoute. Ma mission en ces lieux est bientôt achevée. "

Les larmes se profilèrent de nouveau aux coins de ses yeux.

" Je t’ai offert une amitié que je dois te reprendre. "

« Mais en échange, je t’offre un pouvoir. »

" Personne d’autre que moi n’est capable de te l’offrir. "

« Un don indélébile qui te liera à moi pour l’éternité. »

" Souviens-toi de notre devise. "

« Frères d’âme, à la vie, à la mort. »

Il s’arrêta, me fixa droit dans les yeux pour captiver d’avantage mon attention. Plus une seule larme. Pas une seule braise. Que du néant…

« J’ai mis beaucoup de temps à comprendre le sens de ses dernières paroles. »

Sans détacher ses prunelles des miens, il reprit sa place sur le rebord du lit.

« Il s’avança, me saisit le visage, plongea ses yeux noirs dans les miens, un sourire déterminé étirant ses lèvres scintillantes. Et sans que j’y comprenne quoi que ce soit, sa langue entama un jeu de caresse sur mes lèvres. Et je me suis laissé tomber dans ses filets. Je le laissais me guider dans ce qu’on pourrait appeler… un baiser d’adieu. »

Il se mit à ricaner de nouveau, nerveux d’avouer à une journaliste que son premier baiser lui avait été offert par un jeune homme aussi envoutant.

« Vous pourriez croire que j’en étais tombé amoureux… Et vous n’auriez pas tort. Avec du recul, je me rends compte que son attention envers moi m’avait tellement touché que je m’étais mis à l’aimer bien plus que je le devais. Et ce baiser qu’il voulait langoureux et passionné m’avait prouvé en quelque sorte qu’il le savait. Il voulait m’offrir ce dont je désirer secrètement sans m’en rendre compte. »

L’image de deux jeunes hommes qui s’embrassent ne me révulsait pas. Mais j’avais du mal à comprendre une telle réaction de la part de Shown. Une impulsion ? Je m’étais dessiné un tel portrait de cet étrange personnage que j’avais du mal à croire à la sincérité de ses actes. Toujours imaginé à travers les traits de leur chanteur, je voyais luire la préméditation dans ses yeux noirs et profonds. Ses prunelles : un trou noir d’émotion dont le bien ne pouvait en sortir.

« Alors qu’il m’embrassait, mes larmes roulaient sous mes joues. Je… je ne m’étais jamais senti aussi partagé. Je me sentais si léger, si heureux. J’avais l’impression que mon cœur se laissait pousser des ailes et qu’il allait traverser ma poitrine d’une seconde à l’autre. Et d’un autre coté je me sentais déchiré, je souffrais atrocement de la séparation qui avançait à grand pas vers nous. Alors comme dernier recours, j’ai laissé mes sens m’emporter et j’ai pris part au baiser. »

Je les voyais parfaitement s’amouracher avec fougue, quitte à ce qu’une paire de lèvres soit mordue au passage. Ce tableau pourrait être magnifique si je n’y voyais pas autant d’antipathie autour du principal acteur.

« Puis il rompît soudainement tout contact. Il se toucha les lèvres et fixa les quelques traces d’hémoglobine laissées sur sa main. Il me sourit une dernière fois, puis il s’en alla sans un mot, sans même se retourner vers moi et disparut à un coin de rue. »

Le jeune garçon, déconcerté par ce qu’il venait de vivre, fût lâchement abandonné sur place, constatant à son tour ses lèvres endolories par les feux de ce baiser passionné. Le gout du sang sur sa langue, la douleur se transformait en étau qui étouffait son cœur. Shown avait joué le parfait Don Juan. Première étape : séduire. La deuxième : obtenir la confiance de personnes naïves. La dernière : prendre ce dont il avait besoin. Mais dans ce cas précis, quel était l’objet de convoitise ?



T++++++++T
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renaud
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MessageSujet: renaud   Ven 4 Juil - 21:23

Pour être honnête avec toi, je n'aime pas TH. Je ne pense pas aimer ce groupe un jour parce qu'il y a pas mal de choses qui me déplaisent dans cette musique, dans ces paroles et dans ces personnages.
Maintenant, quand un texte est bien écrit, j'aime bien le faire remarquer et c'est ce que j'ai fait.
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Ven 4 Juil - 22:41

Tu es plus courageux que moi Renaud lol
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Sam 5 Juil - 0:08

Je lis, je lis, et j'édites. Wink

___________________________________Edit__________________________________________

Déjà, j'aime beaucoup, beaucoup.
Je ne l'avais encore pas lue sur THS donc c'est une découverte.
Pour l'instant, je t'avouerais que je ne vois pas bien quel est le membre qui intervient étant donné qu'en lisant je m'en suis fait une image personelle qui ne correspond pas du tout au texte.
Mais pour le moment, j'ai adoré cette façon que tu as de mélanger le présent, les souvenirs, les flesh backs...
C'est très réussi et super prenant pour le coup. I love you
Faust ? Donc le baiser ensanglanté est un pacte non ?
Ils ont échangé un peu de sang et c'est cela qui va les lier "Frères d'âme à la vie, à la mort".
Le fait que tu ai écrit "âme" au singulier voudrait il dire qu'ils partageront la même à présent ?

J'attend la suite avec impatience. Wink

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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Lun 7 Juil - 21:20

Merci pour ton premier comm Mo² ! Heureuse que cette fic te plaise ! Ne demande pas trop vite la suite, on arrive bientôt à la fin. Mais que cela ne tienne, je vais me faire plaisir en publiant la suite. Le membre de TH va être plus ou moins demasqué avec cet antépénultième chapitre ! Yes j'ai réussi à caser ce mot pour la première fois de ma vie ! Razz






Chapitre 5 : impatience...



« J’ai beaucoup pleuré Shown. Son absence m’avait ramené au point de départ. Je me renfermais d’avantage. Tout était comme si il n’avait jamais existé. Presqu’une année s’était écoulée à travers ma solitude qui tirait les ficelles de mon moral vers le bas. Puis un jour, alors que je revenais de cours, je passai devant la boutique Octave, un magasin d’instruments. »

Je n’osais pas me faire une idée la suite des événements. Et j’étais à des années lumière de la vérité si mon imagination s’égarait à quelques scénarii.

« Et là… Une voix… »

Shown…

" Tu n’as toujours pas fait usage du cadeau que je t’ai fait ? "

« Je m’étais retourné. Et non… je ne rêvais pas. Mes yeux en brûlaient de joie. Mais alors que j’allais fondre dans ses bras, il m’éloigna d’une main pour me freiner dans mon élan. Pourquoi… »

" Pourquoi tu n’as pas utilisé ton don ?
- Mon don ? De… De quoi tu parles ? "

Oui, de quoi parlait il ?

" La dernière fois, je t’ai fait un présent que seul moi pouvais te faire. "

« Bien évidemment pour moi le cadeau, c’était le baiser. Alors je ne comprenais vraiment pas sa question. Et bien sûr j’étais à coté de la plaque. Si j’avais su que le baiser était un leurre. »

" Grâce à moi, tu as le don d’être reconnu. Encore faut il que tu veuilles l’utiliser. "

« J’avais du faire une drôle de grimace, car Shown détourna ensuite le regard d’un soupir qui jouait avec sa patience. »

" Tu t’enfermes dans ta solitude et ta tristesse. Ce n’est pas bon pour toi !
- Oui je sais mais… depuis que t’es parti, je n’ai…
- … plus goût à rien, je sais. Mais regarde ! "

Mon esprit esquissa un Shown lui montrant la vitrine du magasin devant lequel ils étaient. Et notre future star de la musique les yeux écarquillés sur l’étalage de guitares en tout genre, de basse, d’ampli…

" Tu ne m’avais pas dit que tu aimerais te lancer dans un instrument ?
- Mais Shown !
- Aller vas y entre ! "

« Une fois n’est pas coutume, je lui obéis. J’entrai dans le magasin avec lui. J’étais émerveillé de voir autant d’instruments. Ils scintillaient comme des étoiles. Un véritable trésor. Et ce magasin une véritable caverne d’Ali Baba. J’avançai vers le fond, incapable de m’approcher d’une guitare ou d’un piano, de peur de les briser. »

" Que dirais-tu d’une batterie ?
- Euh… Ben… C’est que… j’ai pas le sens du rythme.
- Mais il n’est pas question de ce que tu sais, mais de ce que tu voudrais ! "

« J’étais très surpris du ton sévère qu’il avait pris. On aurait dit qu’il était sous pression, pressé que cela se termine pour qu’il puisse retourner à sa nouvelle mission. »

" Alors peut être une guitare ?
- Ben…"

« Et mes yeux se sont tournés sur ce qui allait devenir ma première basse. Je me suis approché d’elle, mes yeux aimantés à sa brillance. Elle était tout simplement magnifique. Le coup de foudre.

" Une basse ? "

J’imaginais que trop bien la réaction perplexe de Shown. Il lui proposait une batterie, une guitare, des instruments qui impressionnent, et son modeste protégé avait jeté son dévolu sur…

« Une basse ? avait il grimacé. Il m’avait demandé de choisir un instrument et apparemment mon choix ne semblait pas lui convenir. A vrai dire je ne comprenais pas sa réaction. »

" Très bien. Si tu considères que tu pourras être reconnu en tant que bassiste.
- C’est mon choix.
- Alors qu’attends-tu pour l’essayer ?
- Tu crois que je peux ?
- Vas-y, j’te dis ! "

« J’ai tendu le bras vers l’instrument. Mes doigts ont tout d’abord effleuré les cordes avant de glisser le long du manche. »

" Hey Petit ! "

« Le gérant du magasin. »

" Faut pas toucher ! "

« Alors j’me suis enfui sans attendre, prenant mes jambes à mon cou. J’ai couru et couru, sans m’arrêter jusque chez moi. Couru dans la rue, dans les escaliers de mon immeuble, jusqu’à ma chambre. J’allais me jeter sur mon lit quand… »




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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Mar 15 Juil - 19:28

Chapitre 6 : Damnation !


La basse était sur son lit, encore plus scintillante que dans le magasin. Il en resta bouche bée, se frottant les yeux pour se réveiller. Mais non. Ce n’était pas un rêve : son coup de foudre l’attendait posé sur sa couette, accompagné d’un mot signé Shown bien évidemment.

« C’était marqué : Tu as oublié ceci au magasin. Et rien d’autre. Il n’avait pas signé mais je reconnaissais son écriture. Alors je l’ai effleuré timidement, faisant grincer les cordes sous mes doigts tremblants, puis j’osai la prendre, et je tentai de jouer. Et là, ce fut la révélation. Je me suis mis à jouer en y mettant toute mon âme. Je ne pouvais plus m’arrêter. C’était comme si la basse et moi nous ne faisions plus qu’un. C’est une sensation qui ne me quitte plus désormais. »

Shown lui aurait donc donné le don de jouer d’un instrument pour ainsi être reconnu ? J’avais du mal à croire que cela soit son véritable cadeau.

« Au bout de quelques semaines, je me suis inscris à une petite audition. Un groupe du coin recherchait un bassiste. Le souci c’était que l’audition se déroulait entre midi. Je n’avais donc pas pris ma basse au collège, de peur qu’elle ne soit abîmée par mes merveilleux camarades. »

Heureusement pour lui, les membres du groupe avait une basse à disposition qui, d’après ce que j’en ai compris, appartenait au frère du batteur. Il s’était alors présenté et au moment de montrer ses talents, il se retrouva paralysé, incapable de jouer un morceau cohérent. Georg avait donc été éliminé d’entrée de jeu.

« Je n’ai compris ce qui s’était passé que bien plus tard. En rentrant le soir même, j’ai commencé à m’énerver sur la basse, à hurler dans ma chambre. Puis je me suis remis à jouer, aussi bien qu’avant l’audition. Alors j’avais mis ça sur le dos du trac, bien que j’étais arrivé confiant à l’audition. »

Les mois, les années passèrent et il rencontra le premier membre du groupe : Gus. Ils sympathisèrent très vite, car tous deux avaient un passé difficile en commun. Puis ils firent plus tard connaissance avec les jumeaux Kaulitz et formèrent Devilish.

« Ouais vous allez voir, leur disait Gus, vous allez voir ce qu’il sait faire ! Et bien évidemment je me suis viandé devant eux. C’est là que je compris que je ne pouvais être bon qu’avec ma basse. Shown l’avait peut être trafiquée ou je ne sais quoi. Le fait est que je ne pouvais pas jouer avec une autre basse que la mienne. »

D’années en années, le talent de Georg se développait, lui offrant de plus en plus d’assurance à sa portée. Avec le groupe, il avait acquis de nombreuses basses que seul lui avait le droit de toucher. Mais chose qui commençait à me déranger, plus il se faisait acheter d’instruments plus sa personnalité semblait s’effacer.

« Quand je disais que je jouais avec mon âme, je ne me rendais pas compte à quel point la vérité était sous mon nez... »



T++++++++T
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Ven 18 Juil - 20:45

Ouah.


Bon aller j'me lance. J'ai eu du mal, certes. Mais m'y voilà.
Je ne m'attendais pas du tout à ça. C'est étonnant. Georg ? Pourquoi pas après tout ...
C'est dur de commencer une fiction sans personnage présenté. On commence à essayer de se faire une image mais on peut pas, de peur de se tromper.
Et moi, j'ai fait une erreur monumentale quand j'ai vu le prénom de Bill écrit entre deux lignes.
'Paf ! C'est Bill !'
Quelle conne ! Rolling Eyes

Enfin bref.
Y'a un truc, qui chope dès le début les tripes, c'est la présence, le charisme, la façon de parler de Georg.
Tu la décris vraiment bien. Je l'entendrais presque parler moi. J'suis aspirée par le récit, la bouche ouverte, en admiration presque ! x)

Quant-à Shown. Alors là, je pouvais pas rêver mieux. C'est LE genre de personnage que j'aime par dessus tout ! Bourré de charisme, attirant de toutes les manières possibles, séduisant, envoutant. Ouaaaah !
Et en même temps, on arrive pas à comprendre totalement ce qu'il veut, ce qu'il cherche, ce qu'il fait.
C'est assez curieux.
Est ce vraiment un ami imaginaire ?

Bon suiteeee Yul'd !!! =D
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Ven 18 Juil - 22:05

Et bien et bien, merci Mo', contente que ça te plaise ! Surtout heureuse que Shown te plaise autant. L'image est bien passée à ce que je vois.

Malheureusement la suite attendue est également la fin de la fiction. J'espère que vous ne serez pas déçu.



Chapitre 7 : échéance...


« Quand je disais que je jouais avec mon âme, je ne me rendais pas compte à quel point la vérité était sous mon nez. Chaque instrument que je touchais portait un morceau de mon âme, comme une empreinte. Certes, grâce à cette empreinte, je pouvais jouer comme personne ne pourrait. Mais, j’en payais le prix. Je me vidais au fur et à mesure, les sentiments devenaient de lointain souvenir. Adieu le petit gros dont tout le monde se moquait. Adieu le petit Georg timide que l’on écrasait volontiers. Grâce à lui, j’étais devenu svelte, confiant, célèbre. J’avais ma revanche sur ce monde sans pitié. »

C’est alors que je compris. Mes pressentiments envers Shown étaient justifiés. Son cadeau était empoisonné. Il avait offert à Georg un aller-simple pour l’enfer. Il l’avait damné pour lui donner une nouvelle vie. Il avait profité de ses faiblesses, de sa naïveté et de son besoin d’attention pour l’attirer dans son piège. Un don qui le lierait à lui jusqu'à l’éternité. Shown avait fait de lui son esclave.

La porte se mit à toquer. L’heure avait sonné a fin de l’interview. Je rangeai les dernières affaires dans mon sac, me levai et me fis raccompagner par le bassiste vers la porte. Je le remerciai et quittai la chambre. Escortée par l’un des gardes du corps des garçons jusqu’à l’ascenseur, un goût amer me remonta en bouche. Je ressentais beaucoup de tristesse pour ce jeune homme dont l’âme avait été souillée par le Malin, morcelée à travers sa collection personnelle d’instrument. Jouer avec son âme. Il avait joué avec son âme comme un enfant jouerait avec le feu. Il avait joué son âme comme l’objet d’un pari dont il ignorait tout. Et Shown… Il s’était joué de son âme comme on se jouerait de la friandise d’un enfant. Mais ainsi va la vie. Le monde tourne et appartient à ceux qui ont la force de soumettre les plus faibles sans que ceux-ci ne s’en aperçoivent. Ainsi va la vie, entre le bien et le mal.






Comme il était prévu, je suis allée au mini-concert que le groupe donnait pour annoncer la sortie du nouvel album. Je me suis présentée en qualité de photographe, ce qui implique que lors des deux premiers morceaux, je me positionne entre la scène et les barrières de la fosse. Deux autres concurrents avaient le droit à ce privilège ce soir là. Le premier morceau commença. Je me concentrai sur un Bill qui se pavanait de droite à gauche, faisant fi des cris hystériques qui me cernaient. Puis je me focalisai sur le second Kaulitz, très concentré dans son doigté. Vint le tour de Georg et son attitude de marbre. Jamais il ne levait les yeux, jamais un sourire n’éclairait son visage. Je m’étais longtemps demandé pourquoi. Maintenant que j’en connaissais la réponse, ce vide me terrassait d’avantage. Alors que je prenais un dernier cliché de mon bassiste, je remarquai alors qu’il possédait une toute nouvelle basse. Encore un bout de son âme qui se cristallisait au cœur des cordes. Je terminai ma séance photo avec quelques vues d’ensemble. Le jeu de lumière était parfait de mon point de vue pour mettre les membres du groupe en valeur. Mais lorsque la dernière note résonna en milliers d’échos dans la salle, que les cris s’élevaient au dessus des têtes, Georg s’effondra sur le sol. Mes oreilles transformèrent l’hystérie ambiante en panique générale. L’un des gardes du corps se précipita alors sur scène, le souleva et l’emmena dans les coulisses alors que l’un de mes concurrents mitraillait l’instant pour être le premier sur le scoop bien juteux qui venait de lui tomber tout rôti dans le bec. Par respect pour lui et les autres membres du groupe, j’avais éteint mon numérique. Inquiète, je bousculai les autres photographes en direction des coulisses. Bien évidemment, les autres agents de sécurité me barraient le passage. Les autres garçons descendaient à cet instant de la scène pour se précipiter dans les loges.

« Ne vous fatiguez pas. C’en est fini de lui. »

Je me retournai et je vis un jeune homme. Les cheveux noirs coiffés en pics. Les yeux noirs luisant de toutes leurs braises. Le teint pâle pour souligner les ténèbres qui le déguisaient. Les traits légèrement efféminés pour se glisser dans la peau d’un enfant sage. Une silhouette élancée en preuve incontestable de sa supériorité. Une veste de costard grise portée sur une chemise en lin dans les tons écrus, un jeans et des chaussures de skate, la panoplie de celui qui voulait se fondre dans la masse. Il émanait de lui ce même pouvoir de séduction, cette arrogance, cette puissance qui donnait envie de se soumettre sans se poser de question. Je m’avançai vers lui à pas lent, capturée par ses filets invisibles qui me ramenaient à lui. La chaire de poule se mêla à cette impression de chaleur qui montait en moi. Une voix murmurait mon nom, me demandait de la rejoindre. L’envie de satisfaire cette demande poussait mon cœur à bout, tant la chamade se battait contre ma cage thoracique. L’envie de lui… L’envie de… Puis je me ressaisis.

« Vous non plus. Je sais qui vous êtes. Il m’a tout raconté.
- Je sais. C’est pour cela que je lui ai offert sa dernière basse. »

Il ricana, le même rire que Georg lors de son effroyable aveu. Il l’avait tué. Il savait qu’il allait bientôt lui appartenir. Alors il a préféré accélérer les choses, à la fois pour le punir d’avoir dévoilé leur secret et pour recueillir son âme naïve et dépourvu de toute estime. C’était ainsi qu’il menait son industrie : séduire des âmes en détresse, les mettre en confiance, puis les détruire à petit feu avant de les récolter. Une entreprise qui tournait depuis des années, des siècles… Qu’en savais-je ? Chose que je devinais sans difficulté… Un tel commerce inhumain ne pouvait avoir qu’un seul et unique but : jouir d’une puissance sans limite.

« Dites moi Emily… »

Il planta ses charbons ardents dans mes yeux. La flamme des enfers en était la seule lueur.

« … Je peux vous appeler comme ça … ? …Emily ? »

Son sourire, les dents du Cerbère.

« N’est-il pas vrai que vous souhaitez plus que tout au monde devenir rédactrice en chef de votre propre magazine ? »





FIN
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Ven 18 Juil - 23:56

Excellent ! Excelleeeent ! Very Happy

Tu m'as fait peur. J'arrivais à la fin du premier paragraphe, et ne voyant pas la suite, j'ai imaginé que c'était la fin.
J'étais déçue. Je la trouvais fade. Je trouvais ça dommage. J'étais presque comme dégoutée de ne pas avoir rencontré Shown ...

Et là, grand bonheur, je descends et j'aperçois un second paragraphe. Qui plus est, AVEC SHOWN !
Ahh tu m'achève en beauté.
Certe la mort de Georg est dramatique ... C'est ineluctable ...
Mais finir comme ça, sur la vue de Shown. Je vois ses yeux de braises comme si c'est moi qu'il regardait !
Ahh ! Magnifique cette dernière phrase !!
Je suis une groupie de ce personnage, ça y est !
Il est fascinant !
Oui, j'ai un penchant pour les méchants ...j'y peut rien ! Rolling Eyes


Merci Yul'd, très belle fiction ! Wink
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MessageSujet: Re: [ TOKIO HOTEL ] Jouer avec son Âme   Mar 5 Aoû - 20:49

Yul'd, c'est trop beau :'(
Georg qui a vendu son ame pour la basse *_*
Et puis, le fait qu'il meure, ça m'a .. Shocked
J'mattendais plus à ce qu'il devienne une poupée sans âme sans caractère ou quoi que ce soit.
Mais non, finalement.
Shown m'a fait un peu penser à Bill dans la description.
Mais évidemment, j'ai imaginé quelqu'un d'autre...
Franchement,merciii
Je suis dégoutée de pas l'avoir lue dès le début, celle là!

Thx <3 !
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