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 Le Temps d'un été.

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ColibriGirl
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MessageSujet: Le Temps d'un été.   Mar 7 Avr - 23:47

.::.Titre : Le Temps D'un Eté
.::. Résumé : Une rencontre qui changea toute sa vie, une rencontre qui lui sauva la vie.
.::.Personnages principaux : Clarance et Julien.
.::. Concept : Euh...dur dur à expliquer ^^
Tout à commencer un soir du début d'été. Je me baladais dans les rues à la recherche d'un peu de fraicheur. Mes pas étaient guidés seulement par un besoin imposant de solitude. La journée avait été dure pour moi. Elle avait commencé par un réveil qui n'avait pas voulu sonner entrainant tout le reste : l'engueulade avec ma mère parce qu'elle m'avait laissé dormir puis avec Julia car j'étais arrivée en retard à notre rendez-vous et surtout parce que j'étais de sale humeur! Ces derniers temps tout s'enchainait à ma défaveur : le divorce de mes parents, l'embrouille totale avec Alicia ma meilleure amie, qui cela dit en passant est une vraie garce, Corine ma sœur aînée qui partait loin de moi pour ses études et tant d'autres petites choses qui s'accumulaient. Je commençais à me demander comment j'avais tenu jusque là sans craquer.
Mais cette journée avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. J'en étais à me demander si oui ou non ma vie valait encore le coût d'être vécue lorsque je me rendis compte que mes pas m'avaient guidée au pont traversant la ligne TGV. Pour moi c'était un véritable signe du destin, mes hésitations disparurent bien plus vite qu'elles n'étaient venues. Sans autre réflexion j'enjambais la rambarde et me retrouvais au dessus du vide. Moi qui avait toujours eu le vertige je n'eus aucunement peur. Tout me semblait flou, comme dans un rêve, peut être était-ce mes larmes, je ne le su jamais. Quand je me décidais à me jeter dans l'abîme qui s'ouvrait à mes pieds je ressentis une présence dans mon dos, qu'à cela ne tienne j'aurai un spectateur. Je lâchais la rambarde et me penchais en avant pleine de curiosité. J'avais la sensation de commencer à tomber lorsque je ressentis une force brutale empêchant ma chute. Je me retournais et distinguais dans la lueur du réverbère un jeune homme, le visage impassible. Je ne cherchais pas à savoir qui il était et lui hurlais de me lâcher, le suppliais finalement de me laisser tomber, de me laisser partir. Rien dans son regard ne montrait qu'il en avait l'intention, son visage restait figé. Je commençais à me débattre, alors une vague de peur traversa ses prunelles, seule partie de lui que je distinguais réellement dans la pénombre. Mes larmes revinrent de plus belle, voyant que je craquais complètement il réagit enfin. Je ne sais pas trop comment je me retrouvais sur le trottoir à ses côtés en quelques instants. Il me fit assoir et attendit patiemment que mes nerfs ayant complètement lâchés se calment tout comme mes larmes et que je reprenne le dessus. Quand mes tremblements et mes pleurs cessèrent je me mis à l'étudier. Il était grand, brun, les yeux sombres, tout dans son attitude montrait qu'en temps normal il était une personne discrète, une de celles que l'on ne remarque pas tout de suite dans une classe. J'étais sûre de ne jamais l'avoir vu ce qui me surpris moi qui était si fière d'être une fille populaire qui connaissait tous les jeunes de la ville! Peut être était-ce un vacancier. J'en étais là de mes réflexions lorsqu'il s'adressa à moi :
- Ça va aller? sa voix était douce, elle eu sur moi l'effet d'un baume cicatrisant, me faisant oublier ce pourquoi j'étais ici, soudain je me sentais bien. Ne voyant pas de réponse arriver une nouvelle vague de peur voila quelques instants ses yeux couleur d'ébène. De peur qu'il ne m'abandonne ici je lui répondis d'une voix enrouée et tremblotante :
- Oui, oui, ça va aller.


  • Bien, je vais te raccompagner chez toi dans ce cas, où habites-tu?
  • Rue Vauban, tu connais?
  • Oui ne t'inquiète pas.
Il m'aida à me relever et enroula son bras autour de ma taille tout en passant le mien sur ses épaules pour me soutenir. J'avais du mal à marcher mais malgré tout nous fûmes chez moi assez rapidement. Tout le long du trajet il ne m'adressa pas la parole, ne me demanda aucune explication. Il m'amena jusqu'à ma porte et se détacha de moi, j'aurai voulu garder son bras, son corps apaisants proches de moi. Malgré tout je m'écartais quelque peu de lui et le regardait encore une fois en m'attardant particulièrement sur ses yeux.


  • Merci, lui dis-je.
Pour toute réponse un sourire se dessina sur son visage gracieux, il commença à tourner les talons, j'aurais voulu le retenir quelques instants encore pour pouvoir à nouveau plonger dans l'ébène de ses yeux. Je lui lançais alors:
- Au fait je m'appelle Clarance.
- Je sais, je ne relevais pas, moi c'est Julien.
Sur ces paroles il me tourna le dos et partit dans les ombres de la nuit qui était tombée. Je continuais de fixer quelques secondes la direction dans laquelle il était parti puis rentrais dans la maison.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un été.   Mer 22 Avr - 22:31

Ma mère était encore dans le salon à regarder la télévision.
- Clarance, c'est toi?
- Oui maman! qu'est ce qu'elle était pénible à toujours poser cette question, qui voulait-elle que ce soit d'autre!


  • Tu rentres tôt ce soir!
  • Oui, je suis fatiguée, ma voix était tremblante, à mes oreilles elle sonnait toujours pleine de pleurs, j'espérais qu'elle ne le décèlerai pas, je ne voulais pas avoir à m'expliquer maintenant!
  • Ok chérie, monte te reposer alors!

Je montais dans ma chambre, enfilais un pyjama et me mettais sous la couette rapidement. Une légère torpeur m'envahit, je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'étais fatiguée. Je sombrais donc rapidement dans le sommeil. Cette nuit là fut très agitée, je revoyais sans cesse l'image du pont et de la voie ferrée au bas, puis venait le visage de Julien, ses apparitions étaient régulières, surtout son regard voilé par la peur quand j'avais commencé à me débattre. Je me réveillais trempée de sueur et tout aussi fatiguée aux alentours de 11h00. Je filais sous la douche pour finir de me réveiller et m'éclaircir les idées. Après m'être apprêtée je descendais à la cuisine voir si ma mère m'avais laissé un mot me demandant de faire telle ou telle corvée, je l'espérais car j'avais besoin de m'occuper l'esprit. Malheureusement je ne trouvais sur la table qu'un bref message :

Je ne rentre pas ce midi,
Bonne journée ma chérie
Bisous
Je t'aime

Je me retrouvais donc seule à la maison sans rien à faire. Je remontais dans ma chambre et me décidais à faire le ménage que ma mère quémandait depuis 15 jours. N'ayant pas faim je ne m'arrêtais pas avant 15h. Ma mère ayant fait le ménage dans le reste de la maison la veille il ne me restait plus qu'à aller me balader pour m'occuper et éviter de ressasser ma mésaventure. Je quittais la maison à 16h, le dernier album de My Chemical Romance dans les oreilles et me laissais guider par mes pas. Je ne cessais de penser à Julien, il m'obsédait, je voulais savoir qui il était, pourquoi il m'avait aidé,pourquoi il ne m'avait pas questionné. Inconsciemment je prenais le même chemin que la veille et me retrouvais à nouveau sur le pont. En y arrivant une grande déception m'envahit lorsque je vis que j'étais seule. Qu'est ce que je m'étais imaginé, il n'allait pas être à nouveau là! C'était du pur hasard qu'il fut présent hier soir! Je restais là les bras ballants, un peu ahurie quand je repensais à ma tentative désespérée de la veille et à la stupidité de cet acte. Soudain je me sentais idiote de rester ainsi au milieu de la chaussée abandonnée depuis déjà de nombreuses années. J'hésitais entre rentrer chez moi et rester ici. Je décidais finalement de m'assoir sur le trottoir, adossée à la rambarde pour réfléchir à ce qui m'était arrivé, à ce qui m'avait poussé à cet extrême. Sans que je m'en rende vraiment compte mon esprit me ramena un an auparavant, le jour où Cyril m'avait quitté. Pour moi il avait été mon véritable premier amour, j'avais passé plusieurs jours enfermée dans ma chambre à pleurer. Seules ma mère et sa patience infinie avait réussi à me relever et me faire à nouveau sortir, mais je m'en rendais compte alors, la plaie n'avait jamais vraiment cicatrisée. Avait suivi le début des disputes à la maison, entrainant quelques mois plus tard le départ de mon père et la demande de divorce. Rapidement le stress était arrivé : au lycée sans arrêts les profs nous faisaient des réflexions sur le bac qui approchait inexorablement. J'ignore comment j'en étais finalement venue à me brouiller avec Alicia puis peu à peu avec la plupart de mes amis, en fait quasiment tous sauf Julia jusqu'à la veille. Je n'en avais rien dit à ma mère de peur qu'elle ne me juge et se fasse du soucis.
J'étais de retour au tout début des vacances dans mes réflexions lorsque j'entendis des pas ce qui me fit revenir sur terre. Je levais les yeux et poussais un petit cri en reconnaissant Julien.



  • Désolé, je t'ai fait peur?
  • Oui, enfin non, mon malaise le fit sourire, c'est juste que je ne m'attendais pas à te revoir.
  • Tu me vexes là!Tu aurais vraiment voulu ne pas me revoir?
  • J'ai pas dit ça!à nouveau ce sourire si craquant apparu sur son visage.
  • Dis-moi, qu'est ce que tu fais là? Me demanda-t-il en redevenant sérieux.
  • Je ne sais pas vraiment, je me baladais au hasard et je me suis retrouvée là. En fait je réfléchissais à ce qui s'est passé hier et à ce qui a bien pu me pousser à en arriver là...
  • Tu as trouvé des réponses?
  • Oui, je pense... Au fait merci encore une fois pour hier.
  • C'est normal, j'allais pas te laisser faire ça, dit-il le regard dans le vide, les yeux rivés sur la voie ferrée comme s'il se remémorait la soirée.

J'attendais qu'il dise quelque chose, qu'il me confie ce à quoi il pensait, qu'il me pose les questions que je redoutais. De mon côté, de nombreuses questions le concernant me brûlaient les lèvres mais je respectais ce temps de silence. Au bout de ce qui me sembla des heures il se retourna et posa son regard sur moi, un sourire aux lèvres.



  • Je sens que tu brûle de me poser des centaines de questions.
  • Hein?fut la seule réponse que je pus lui donner, je me sentais on ne peut plus ridicule et piquais un fard.
  • Apparemment on ne parle pas la même langue, se moqua-t-il.
  • Si, si, c'est juste que j'étais repartie dans mes pensées, me précipitais-je d'expliquer ce qui le fit à nouveau sourire.
  • Alors est-ce que je me suis trompé?
  • Non, c'est vrai, mais...
  • Mais...?
  • Non rien.
  • Sûre?il me laissa quelques instants pour répondre. Bon j'insiste pas, alors ces questions..., à nouveau ce petit sourire en coin qui me réchauffait le cœur.
  • Il y en a beaucoup, tu es sûr de vouloir me laisser les poser?
  • Oui, après tout je ne suis pas obligé de répondre à toutes!
  • Oui c'est vrai.
  • Aller vas y, lance toi!!
  • Bon d'accord. Je me demandais d'où tu viens, qui tu est exactement parce que je connais tous les jeunes vivant ici et je ne t'es jamais vu. Je me demandais aussi ce que tu faisais hier soir sur ce pont alors qu'il ne mène nul part. Et puis aussi depuis combien de temps tu es ici et combien de temps tu vas rester...
  • Oula, effectivement ça fait beaucoup d'un coup tout ça, me coupa-t-il, alors d'où je viens peu importe, tout ce que je peux te dire c'est qu'effectivement je ne suis pas de la région, je suis ici de passage et je resterai le temps qu'on aura besoin de moi. Qu ant à ce que je faisais ici hier soir la même chose que toi à la base, mes yeux s'agrandir, non non ce n'est pas ça! Je me promenais je n'avais nulles envies suicidaires, le mot lui tira une grimace tout comme à moi. D'autres questions?
  • Hum...Non pas pour le moment, tu m'as coupé dans mon élan je ne sais plus ce que j'avais en tête.
J'attendais qu'à son tour il me questionne, il ne le fit pas. Après quelques instants de silence où il semblait à nouveau plongé dans ses pensées, je lui demandais :


  • Dis-moi, pourquoi es-tu ici?
  • Et bien, tout dépend de ce que tu entends par « ici ». Tout dépend de si tu parles de ce pont ou de cette ville.
  • Je parlais de la ville, mais oui je me demande aussi ce que tu peux bien faire sur ce pont à nouveau.
  • Pour être sincère je me baladais en espérant te revoir, pour ce qui est de la ville je considère que ça ne te regarde pas et je n'ai pas très envie d'en parler.
  • Ok, j'insiste pas, chacun ses petits secrets.

Le silence s'installa à nouveau. Cependant il n'était pas pesant, il était reposant, apaisant même. Ce calme me faisait du bien, me permettais de réfléchir sans me faire du mal. Mes pensées me menèrent à nouveau à la soirée de la veille, à son regard qui m'avait hanté toute la nuit. L'ébène de ses yeux qui m'avait envouté et qui m'avait empêché de sauter, de faire ce pourquoi j'étais venue. Soudain une vague de colère m'envahit, elle lui était destinée, lui qui m'avait empêcher d'en finir, lui qui avait mis à sac tous mes projets, lui qui m'intriguait tant. J'avais tout à coup une folle envie de le frapper de lui hurler dessus, de le voir disparaître, de disparaître. Je m'approchais à nouveau de la rambarde, la prenais à plaine main et me décidais à retenter l'expérience de la veille. J'avais eu les réponses à mes questions le concernant, plus rien ne ma rattachait désormais à cette vie. Avant qu'il n'ai le temps de réagir, je passais une fois de plus par dessus la rambarde et me penchais dangereusement au dessus du vide. Je me disais « ça y est tout va enfin finir aujourd'hui! ». C'était sans compter sur Julien. Quand il me vit enjamber la palissade, il garda son sang froid à mon grand étonnement.



  • Clarance qu'est ce que tu fais?
  • Ça se voit pas?!lui hurlais-je à la figure.
  • Si, mais pourquoi tu recommences?sa voix se brouilla j'y décelais une certaine panique mêlée à de la crainte.
  • Pourquoi?Parce que c'est ce que je veux! Parce que tu m'en as empêché hier et que j'ai eu les réponses à mes questions te concernant! Plus rien ne me rattache à cette vie maintenant!
  • Dis pas ça! Que fais-tu de tes amis, de ta famille?
  • Mes amis?!Laisse moi rire, ils ont tous peu à peu disparu de mon horizon, ma famille elle a volé en éclat il y a quelques mois avec le divorce de mes parents!
Il ne trouva rien à répondre à cela. J'en déduis qu'il me laisserai donc partir.


  • Tu prends comme excuse d'avoir eu toutes les réponses à tes questions, ce n'est pourtant pas le cas.
  • Tu as tes secrets, j'ai les miens!!m'emportais-je. Fiche moi la paix maintenant!!
  • Alors là tu rêve!! Tu n'es peut être pas curieuse de me connaître plus, ce n'est pas mon cas te concernant!
  • On dirait pas! Tout à l'heure tu en as eu l'occasion et tu ne l'as pas fait!
  • Je ne voulais pas te brusquer! J'avais peur que tu réagisse comme tu le fais maintenant!S'il te plais Clarance ne fait pas de bêtise!Si tu ne le fais pas pour ta famille ou tes amis fais le pour moi!me supplia-t-il.
  • Pourquoi ferais-je ça pour un inconnu?Tu n'es rien pour moi!Juste une personne de passage qui m'a empêcher d'arriver à mes fins à ma première tentative!Juste un obstacle à surmonter!

Je vis dans ses yeux que je l'avais blessé. Peu importe bientôt je ne serais plus là pour voir son magnifique regard, je ne serais plus là pour culpabiliser de lui avoir jeter ces mots que je ne pensais pas vraiment. Le temps d'une soirée il avait été pour moi une bouée au milieu de la tempête, un rocher auquel m'accrocher pour ne pas sombrer, pour ne pas me suicider au milieu de la maison, pour que ma mère ne soit pas celle qui retrouve mon corps mutilé, vidé de son sang au milieu de la salle de bain. Mais aujourd'hui devait être mon dernier jour, je préférais partir en gardant en dernier souvenir son regard sombre et neutre plutôt qu'un sol carrelé de blanc.
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MessageSujet: Re: Le Temps d'un été.   Mer 22 Avr - 22:32

(la suite parce que ça ne tenait pas tout...)


  • Clarance s'il te plait, ne fais pas de bêtise! Es-tu vraiment sûre de vouloir tout quitter ainsi, de ne pas savoir ce que ça fait d'être amoureuse, de ne pas connaître la fac, le mariage, les enfants, de ne pas savoir ce que c'est que vivre?!
  • L'amour?Je l'ai connu, ça m'a brisé même, je sais ce que c'est la vie: ce n'est qu'une souffrance perpétuelle que je ne veux pas connaître d'avantage!
  • Ce n'est pas parce que tu as été malheureuse jusqu'à présent que ça sera forcément le cas plus tard! Si tu n'essaie pas tu ne sauras jamais ce qu'aurai pu être ta vie!
  • Garde tes belles phrases pour quelqu'un d'autre tu veux! Je sais sûrement mieux que toi ce que pourrait être ma vie : une vie solitaire, sans amis, sans famille unie, sans amour!Moi je n'en veux pas! Ça sera sans moi! Je ne veux pas souffrir comme ma mère a souffert quand mon père l'a quitté!
  • Justement tu veux qu'elle souffre encore?Tu es sûrement tout ce qui lui reste!

Il avait touché une corde sensible, il est vrai que ma mère avait énormément souffert dans sa vie: ses parents étaient décédés dans un accident de voiture tout comme sa sœur jumelle, seule la présence de mon père et de ma soeur et l'attente de son bébé l'avaient empêcher d'en finir. S'en était suivi ma naissance qui avait amener son lot de bonheur, bonheur qui ne dura pas. Mes parents voulaient un troisième enfant, ma mère fit une fausse couche et devint stérile. Ceci l'avait minée à nouveau, elle était entrée en dépression, elle ne s'était plus occupée de moi, avait négligée sa vie de famille et son travail. Pour finir mon père avait demandé le divorce alors qu'elle avait enfin réussi à se reconstruire, qu'elle revivait enfin normalement. A ma grande surprise cette séparation ne l'avait pas tant détruite que ça, c'est sûr il y a eu énormément de larmes versées mais elle n'avait pas rechuté comme après sa fausse couche. Je ne pouvais pas la remercier de m'avoir préservé de ses problèmes en me tuant prématurément. Mais d'un autre côté je souffrais tellement, j'avais peur de ce qui m'attendais au tournant!





  • Qu'est ce qui te fait donc si peur?
  • Tout!La vie, la mort, mon avenir, mon passé aussi, les sentiments que j'éprouve!La souffrance que j'ai éprouvé à cause de Cyril!Tout!
  • Et s'il y avait quelqu'un pour t'accompagner, pour t'aider à surmonter tout ça est ce que tu accepterais de vivre?
  • Oui...je pense que oui, mais il n'y a jamais eu personne et il n'y aura jamais personne!
  • Si tu veux je peux être cette personne.
  • Tu dis ça pour que je ne saute pas, tu restera quelques jours puis repartira comme tous les vacanciers!
  • Je te jure que non Clarance!Aller arrête les bêtises, viens me rejoindre!

Tout montrait qu'il craignait que je saute. Mais était-ce qu'il ne voulait pas avoir ce poids sur la conscience ou était-il sincère en proposant de m'accompagner dans mon calvaire qu'était la vie? Ma mère m'avait toujours dit que les yeux des gens ne mentaient jamais, les siens étaient sincères, j'y décelais de la crainte mêlée à de l'espoir et à une sincérité intense. J'hésitais encore quelques instants puis acceptais la main qu'il me tendait. Mes doigts tremblaient, tout comme le reste de mon corps. Au moment où j'effleurais ses doigts, mes pieds glissèrent de la fine bande de bitume qui m'avait soutenue jusqu'alors. Je me sentis chuter, je ne savais pas si c'était juste une sensation ou la réalité, je visualisais ma chute en fermant les yeux et tous les moments qu'il avait fait miroiter et que je ne connaitrais donc jamais défilèrent dans ma tête : je ne saurais donc jamais ce que l'on ressentais quand l'être aimé nous passait la bague au doigt, ni lors de l'arrivée d'un enfant dans notre vie. Les regrets effacèrent la peur qui m'avait consumée quelques secondes auparavant. Je décidais d'ouvrir les yeux et me rendis compte que je n'étais pas en train de me précipiter vers le ligne de TGV mais bel et bien de me balancer au bout du bras de Julien. Je ne sais trop comment il avait réussi à me rattraper avant la chute qui m'aurait été fatale. La force qu'il déployait pour ne pas me lâcher se lisait sur ses traits. Pour l'aider je tentais de me stabiliser, de ne plus me balancer. Une douleur se fit ressentir dans mon épaule et mon bras, je savais qu'il éprouvait une douleur jumelle à la mienne. De nouveau la panique m'envahit : et s'il me lâchait sans le vouloir? Et si ma main glissait? Et si de fatigue la sienne s'ouvrait? Et s'il tombait avec moi? J'imaginais les pires scénarios, me mis à gémir. C'est alors qu'il remarqua mes yeux ouverts, ceci sembla le soulager.





  • Reste tranquille Clarance s'il te plait, haleta-t-il.
  • Hum...
  • Ok, maintenant essaie d'attraper mon coude ou une autre partie de mon bras avec ton autre main, dit-il en me tendant son autre bras une fois que je me fus calmer.
J'obtempérais et attrapais son avant bras avidement. Il se saisit de mon coude avec son autre main répartissant ainsi mon poids.




  • Maintenant lâche ma main pour que je puisse te tenir plus fermement.
  • Non!!J'ai trop peur!!
  • Clarance fais moi confiance! Je ne te lâcherai pas! Je te le promets!

A nouveau ses yeux ne mentaient pas, il avait vraiment l'intention de tout faire pour me sauver. Je décidais donc de placer ma vie entre ses mains. Péniblement je fis ce qu'il me demandais, j'eus peur qu'il ne me lâche mais fis abstraction de mes sentiments, me concentrant seulement sur son bras tendu et ses yeux pleins d'espoir. Après ce qui me sembla des heures d'effort je me retrouvais les deux mains agrippées à ses avant-bras. Là commença le plus pénible. Julien commença à se courbé pour me remonter à ses côtés, j'étais ballotée en tous sens et essayais désespérément de l'aider en posant mes pieds sur la corniche du pont, mes efforts étaient vains mes pieds glissaient sans cesse et refusaient d'obéir à côté de mon esprit qui restait calme, préférant céder à la panique que j'essayais de refouler. De nouveau la peur traversa son regard, je sentais qu'il commençait à douter de la réussite de l'opération. Je ne voulais pas tout faire foirer et me morigénais de rester calme. Petit à petit mes pieds cessèrent de chercher compulsivement la corniche. Je cherchais du regard ses yeux et lui demandais par la pensée ce que je devais faire. Il dû voir que je paniquais mais que je faisais tout pour rester calme et lui faciliter la tache.





  • Clarance, tu vois le pilier à ta droite?
  • Oui..
  • On va essayer de l'atteindre, pour que tu puisse t'y aider pour grimper.
  • Il est hyper loin!
  • Fais moi confiance, on essaie si tu sens que ça va pas promis on arrête.
  • Ok!

Ma confiance était absolue! Je resserrais ma prise autour de ses avants -bras et il commença à se déplacer latéralement, à petits pas, très doucement nous nous rapprochâmes du pilier. Au bout de longues minutes d'efforts intenses mes pieds rencontrèrent enfin béton le composant.





  • Ok, maintenant essaie de trouver des aspérités où tu pourrais appuyer tes pieds.
  • Je les cherche où aussi?
  • Pas trop haut, à la hauteur de tes pieds, histoire que l'on puisse reposer nos bras quelques instants.
  • Là ça va? Lui demandais-je après avoir trouver deux petites rainures où je pouvais m'appuyer.
  • Oui, oui c'est nickel! Tu me diras quand ça sera bon pour toi...
  • Ça serait plutôt à toi de me le dire, c'est toi qui depuis tout à l'heure fait le plus d'efforts!le coupais-je.
  • T'en fais pas pour moi je suis solide.
  • Ok, c'est bon pour moi, soufflais-je après quelques secondes de repos relatif.
  • Bien, alors essaie avec ton pied droit de trouver une aspérité un peu plus haute et de continuer à escalader comme ça.

J'obtempérais, ce fut un exercice long et périlleux car le pilier était humide et mes pieds ne cessaient de glisser. Pourtant pas une seule fois la panique ne m'envahit, Julien était toujours là à me rassurer, à me conseiller, à me soutenir aussi : à chaque « pas » il se redressait m'empêchant ainsi de devoir recommencer mon ascension là où elle avait débuté. Quand je fus enfin à portée de main il m'attrapa et me fit rapidement passer à ses côtés. À nouveau je craquais, les valves s'ouvrirent. Il me serra dans ses bras, ses bras musculeux où je me laissais aller. Lorsque mes larmes se tarirent je redressais péniblement la tête et remarqua ce que je n'avais vu jusqu'alors : ce pont était celui où j'avais vécu les meilleurs et les pires moments de ma vie. C'était ici que Cyril m'avait embrassé pour la première fois, ici que j'étais venue me réfugiée lors des disputes entre mes parents, ici aussi où j'étais venue lorsqu'ils m'avaient annoncé leur souhait de divorcer. Malgré toutes ces années l'endroit n'avait pas changé : le pont était toujours taggué de messages plus ou moins racistes, de visages ; les arbres étaient toujours là, grands, majestueux, les ronces ,elles, avaient étendu leur territoire jusqu'au milieu de la chaussée. Cet endroit d'apparence hostile avait pourtant toujours été à mes yeux un refuge où je pouvais retrouver l'apaisement et le bonheur. Était-ce pour cela que j'étais venue ici pour en finir? Était-ce parce qu'il était plein de mes souvenirs?
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