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 Fifteen - Love

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Mony
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Féminin
Nombre de messages : 2
Age : 23
Localisation : Lorraine
Date d'inscription : 04/03/2012

MessageSujet: Fifteen - Love   Dim 4 Mar - 0:33

Voilà, il y a quelques mois je me suis lancée un défi, celui d'écrire un roman. Je ne me vois pas comme un grand écrivain mais juste comme quelqu'un qui apprécie jouer avec les mots. J'ai relevé mon défi et j'ai terminé ce roman. Ça me tenait beaucoup à coeur. Et maintenant que c'est fait, bien que je sois vraiment contente, je sens que je peux faire plus : le partager. Je me dis que s'il m'a procuré du plaisir au moment de son écriture, peut être en procurera-t-il à sa lecture. Alors je me dis que c'est dommage de le garder pour moi, et que de toute façon si je veux qu'il évolue il me faut des avis. Alors voilà, je vous poste la première partie juste pour vous montrer un peu de quoi ça retourne. Et si ça donne envie à quelqu'un d'en voir un peu plus, je serais ravie de lui faire lire la suite. N'hésitez pas à me donner quelques conseils d'écriture aussi, je veux vraiment évoluer.

Juste un petit résumé avant :
Le tennis, le sport de raquettes le plus médiatisé, va changer la vie d'Ellen. Ellen, jeune étudiante, banale et fière de l'être va, au fil de rencontres diverses, apprendre à se connaître et à connaître la vie. Elle cherchera à se construire mais parviendra-t-elle à se trouver ?



Fifteen-Love



Je n’étais pas franchement fan de tennis avant. Je ne voyais pas l’intérêt que l’on pouvait éprouver à regarder une balle jaune voler d’un bout à l’autre d’un terrain, cela sous les cris parfois bien insupportables des joueurs. Je me figurais que, comme dans la plupart des sports de hauts niveaux, les joueurs n’avaient pas vraiment de respect les uns envers les autres, qu’ils n’étaient que des robots programmés pour gagner leurs matchs tout en engrangeant un maximum d’argent, et que le public n’était là que pour les admirer et surtout payer. Je n’y comprenais rien et je ne voulais rien y comprendre. Je connaissais à peine quelques noms de joueur et ça me convenait à merveille, ça ne m’aurait rien apporté. Puis un jour j’ai allumé ma télévision, pensant tomber sur une de mes séries préférées. Quel ne fut pas mon agacement quand j’ai découvert que pendant deux longues semaines allaient être diffusés les matchs de Roland Garros. J’ai directement pensé aux épisodes que j’attendais tellement, cette série égayait mes journées et on me la retirait au profit d’un sport bien trop médiatisé. Énervée, j’ai voulu changer de chaîne, j’ai cherché ma télécommande partout, retournant toute ma chambre déjà bien désordonnée, mais je ne l’ai pas trouvé. Je voulais zapper mais je ne le pouvais pas. Je me suis dirigée avec rage jusqu’à mon poste et alors que j’allais appuyer sur le bouton pour l’éteindre, je me suis stoppée dans mon acte. J’ai suivi la balle jaune. Je n’ai pas réussi à la lâcher du regard. Mes yeux suivaient les joueurs et leurs visages concentrés, analysaient leurs traits marqués, leurs muscles contractés et leur détermination. Tous ces détails m’ont donné envie d’en voir un peu plus. Juste un peu plus. J’ai retiré ma main du bouton et je me suis installée confortablement. J’ai regardé un match, puis deux et je les ai enchaînés, comme si moi aussi je jouais. J’ai été impressionnée, admiratrice, intéressée. De voir avec quelle puissance tant physique que mentale ces joueurs frappaient la balle, quelle rage de gagner ils pouvaient avoir et malgré tout cette indéniable sportivité. Au début, je me suis dit que je regardais parce que je n’avais rien d’autre à faire, mais en réalité ce fut un réel plaisir d’entrer dans cette compétition. C’était beau, je reconnaissais désormais un art dont je m’étais jusqu’alors préservée.
Quand un français jouait mon patriotisme prenait le dessus et je ne pouvais m’empêcher de crier des « allez » et de sautiller dans ma chambre, comme une folle, comme la gamine que j’étais. Et ça m’épatait parce que jamais je n’aurais pu donner un centième de ce qu’ils donnaient.
J’ai tout de même mis un moment avant de saisir les règles de jeu. J’ai dû bien me concentrer pour comprendre que si la balle atterrissait dans un couloir elle était « faute », du moins pour les matchs en simple, que ace était à prononcer à l’anglaise et non asse, qu’il fallait gagner trois sets pour un match en Grand Chelem… Mais il y a bien des choses que mon esprit n’a pas encore compris entièrement, il faudra d’ailleurs que je songe à demander davantage d’explications sur ce qu’est un slice, ou un chip… Mais, il n’empêche que je me suis sentie devenir un génie quand j’ai enfin réussi à saisir les bases de ce sport. Je m’imaginais même pouvoir tenir correctement une raquette, faire de beaux services et, pourquoi pas, rivaliser avec ces virtuoses de la balle jaune. J’ai fait un test un jour, j’ai pris une vieille raquette qui appartenait autrefois à ma sœur, quand elle s’était mise au tennis après avoir testé le judo, la gym ou encore l’équitation. Donc, j’ai essayé et après avoir mis de longues minutes à servir sans me prendre la balle sur la tête, j’ai réussi, non sans peine, à envoyer la balle dans le filet. Ça aurait pu déjà être un grand pas, sauf que c’était le filet du court voisin où jouaient des gamins qui eux n’avaient aucun mal à domestiquer la balle. Je me suis fait toute petite, leur ai laissé ma balle en guise d’excuse pour le dérangement et suis partie, discrètement.
Il était donc évident que le tennis me garderait toujours certains mystères mais c’était sûrement ça qui m’avait attirée.
Et c’est ainsi que je me suis retrouvée à suivre tous les tournois de tennis, les petits comme les grands. J’ai choisi mes joueurs préférés et me préparais des plans pour pouvoir l’année suivante me rendre à Roland Garros. En attendant, j’ai pu suivre Wimbledon mais aussi toute la tournée américaine et les joies de me coucher à l’aube juste pour la satisfaction d’avoir pu regarder en direct les matchs outre-Atlantique. Ça m’a fatiguée, mais ça m’excitait tellement. Ma famille ne comprenait pas vraiment cette nouvelle passion, moi non plus d’ailleurs. Je n’avais jamais été sportive, j’étais plutôt la fille qui reste terrée au fond de son lit en regardant la télé et en mangeant du chocolat. J’étais mollassonne et paresseuse. Je le suis toujours. Mais maintenant, j’ai cette impression d’avoir comblé un vide, d’avoir trouvé ce truc qui m’emportait. Oui, il y a des gens qui sont très bons quelque part, en sport, en musique, en dessin, ou en quoi que ce soit d’autre. Pour ma part, je ne brillais nulle part. Et j’ai compris qu’il devait y avoir des gens comme moi, des gens pour admirer, et ce rôle, bien que pouvant être dégradant, me convenait parfaitement.
Alors pour bien jouer mon rôle de spectatrice j’allais jusqu’à applaudir pour les petits matchs intercommunaux de ma pauvre région Lorraine. C’était moins intéressant mais malgré tout je ne m’ennuyais pas. Je pouvais retrouver chez ces inconnus tout ce qui m’avait fait aimer le tennis. Certes, ils jouaient moins bien, moins fort... mais néanmoins comme les grands champions ils donnaient tout et c’était tout ce qui m’importait.
C’est là que j’ai rencontré Macéo, il avait huit ans et il jouait comme s’il en avait le double, du moins pour moi. Notre rencontre a été … frappante. C’était une finale pour un tournoi départemental mineur, il s’entraînait sur un petit court et moi, perdue dans mes pensées, j’ai traversé alors qu’il s’exerçait. Le choc a été brutal, il avait mis une telle intensité dans sa balle qu’en me la prenant dans la tête j’ai cru percuter un mur. Je suis tombée immédiatement sur les fesses, sonnée. Il s’est précipité vers moi en me disant qu’il était désolé, il avait été déconcentré et avait mal frappé sa balle, il l’avait trop remontée. Et son père est arrivé, l’a relevé brutalement et a craché que c’était de ma faute - ce qui était véridique - et qu’il devait immédiatement retourner sur le court pour travailler. J’ai émis un faible sourire, ajoutant un quasi inaudible « désolée » me sentant bien ridicule. Macéo est retourné sur le court et a frappé des tas de balles mais dans ses yeux j’ai vu qu’il était songeur. J’ai regardé tout son entraînement, et j’ai été bluffée, tant par sa force, son jeu, que par les propos de son père. « Plus fort » lui disait-il. « Tu crois que tu vas gagner comme ça ? », « C’est très mauvais ce que tu fais là ! », « J’ai honte ». Macéo ne souriait pas, il ne vivait pas son jeu, il frappait, courrait et c’était tout. Un robot.
Puis la finale a commencé. Elle a fini dans l’heure qui suivait. 6-1 / 6-2 pour Macéo. Son père n’a même pas applaudi, pas un sourire, un geste affectueux, rien. Il se tenait là, les bras croisés, la tête haute, il n’a rien fait et j’ai trouvé ça incroyable. Les deux joueurs se sont serrés la main comme des grands, et Macéo a reçu un trophée. Il ne l’a gardé que quelques instants seulement, le temps d’une photo, son père le lui a pris après. Je me suis décidée à aller le féliciter parce qu’il méritait quelques compliments que son père n’avait pas l’air de vouloir lui donner. Je me suis approchée en lui souriant. Il a baissé le regard et m’a timidement adressé ces mots :

- Je suis désolée pour la balle et pour ce que vous a dit Papa tout à l’heure.

Sa voix était toute faible, ça m’a émue, il était tellement craquant ce petit. Il avait des cheveux bruns se mariant parfaitement avec ses yeux noisette. Il avait un sourire des plus attendrissants avec quelques dents de lait en moins. Et puis voir un aussi petit gars portant la même tenue que notre numéro un français c’était mignon.

- Ne t’excuse pas va, c’était de ma faute. Et puis bravo pour ce match tu as très bien joué, j’espère qu’un jour je te verrai avec une plus belle coupe que ça, une plus grosse, lui dis-je d’un clin d’œil.
- Ce serait chouette !
- Je viendrai te voir, tu me dédicaceras une balle, n’est-ce pas ?

Il a hoché affirmativement la tête. Je voyais dans son regard que ce que je lui disais lui faisait plaisir, ce sourire dans ses yeux était vraiment magnifique.

- Tiens, entraîne-toi, lui ai-je dit en lui tendant une balle et un feutre.

Il a rigolé, et a joué le jeu. Il a signé « Macéo » de son écriture enfantine et a ajouté une petite étoile derrière.
Depuis ce jour là, j’ai suivi chacun de ses matchs ou presque, nous sommes devenus amis. Il me confiait beaucoup de choses et c’était réciproque. Il m’a notamment avoué qu’il jouait surtout pour rendre son père fier de lui, que c’était sa manière à lui de le remercier de lui avoir offert la vie et de l’aider au quotidien. Ce gamin était un ange, vraiment. Il m’a redonné foi en des tas de choses que la plupart des gens ont tendance à oublier avec le temps : l’humanité, la reconnaissance, le respect, la gentillesse. Des choses que j’avais moi-même laissé de côté un moment. Je ne le remercierai jamais assez pour tout ce qu’il m’a apporté.
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