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 Chocolat ? (Nouvelle)

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Peter_Cain
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MessageSujet: Chocolat ? (Nouvelle)   Ven 13 Avr - 14:19

Bonjour à tous.


Je suis entrain d'écrire une nouvelle. Je vous en livre les premiers paragraphes afin de les confronter à des lecteurs objectifs. Merci de me donner votre avis sur ce texte. La phase d'écriture en est à la moiter.

MERCI A TOUS POUR VOTRE TEMPS...

Chocolat ?

(Nouvelle)

Chapitre I Réveil

CHAPITRE I
Réveil



Le silence, comme il ne l’avait jamais entendu. De fantasmagoriques volutes noires ornées de quelques vagues étoiles colorées dansaient devant lui. Sa conscience bataillait dure pour sortir d’une sorte de rêverie étrange. Pas de celles qui vous font émerger péniblement d’un insuffisant sommeil, non. La sensation était différente. Il lui sembla être guetté par un danger aussi sérieux que mystérieux. Tout son corps paraissait flotter dans une sorte de liquide glacial, était-ce l’hiver ? Peu à peu le son de l’agitation de la ville parvint à ses oreilles. Très loin d’abord puis avec de plus en plus de netteté. Il pouvait sentir son cœur battre la chamade. Il avait soif et terriblement mal à la tête. L’angoisse qu’il ressentait maintenant avec de plus en plus de lucidité finit par l’arracher à sa torpeur. Peter ouvrit les yeux.


En bas de la rue, une Audi A1, discrète mais puissante exécuta avec une dextérité exemplaire un créneau que d’aucuns n’auraient pas même tentés. Derrière les vitres fumées, le conducteur jeta un œil à sa montre. Il observa scrupuleusement la rue. Son regard se fixa sur une vieille Clio jaune.
- L’imbécile…
Cain n’avait pas imaginé que cela allait être aussi facile. Il regarda ensuite vers le balcon d’un immeuble morne. Au troisième, malgré la lumière agréable de ce début de printemps, l’éclairage du salon semblait être resté allumé. Il ne manqua pas de relever ce détail intriguant. Un simple oubli ? Ou peut être que le désespoir avait poussé le propriétaire à s’enivrer ou à rester éveillé toute la nuit à la recherche d’une ultime solution ? En tout cas il était dans l’appartement. Son instinct ne le trompait presque jamais. Il ouvrit la boite à gants et sortit son petit étui de crochetage en cuir. Derrière elle, le soleil fit briller un Glock 22. Cain détestait les armes à feu et il n’avait jusqu'à présent jamais eu à s’en servir. Le principal défaut était naturellement le bruit. Il savait parfaitement que les sons étouffés des silencieux des films d’action n’étaient qu’un mythe. Malgré le modérateur, la déflagration équivalait encore au bruit d’un marteau piqueur en marche. Il avait amélioré la discrétion de son arme en l’équipant de munitions subsoniques. En effet l’utilisation de cartouches ne dépassant pas le mur du son constituait la seule solution efficace pour étouffer correctement le bruit. En revanche celles-ci étaient souvent trop peu puissantes pour tuer sur le coup. La perspective qu’il n’aurait, une fois de plus, pas à s’en servir aujourd’hui le réjouit. La cible était un réel amateur. Il referma la boite à gants. Et regarda à nouveau sa montre.


Peter ne vit d’abord qu’une faible lueur floue. Il reconnu l’ampoule de la salle de bain. Les souvenirs lui revinrent peu à peu, brouillés. Il avait une trentaine d’années et avait été professeur d’histoire. Après s’être essayé aux arts des lettres sans jamais ne se découvrir aucun talent. Il avait choisi ce métier car, à défaut de toucher un public plus large, il lui avait semblé être le plus pertinent pour le but qu’il s’était fixé. Enseigner le passé, en instruire la génération nouvelle pour qu’elle sache en tirer correctement les leçons. Rendre au moins une petite partie de ce monde meilleur. Sa première affectation en banlieue l’avait rapidement fait plonger dans une immense dépression de laquelle il n’était jamais sorti. Confronté à la déchéance, à la misère et à l’inintérêt le plus complet de son auditoire. Il avait plus eu l’impression d’être un clown triste au milieu d’un cirque que les enfants auraient déserté. Préférant se consacrer pleinement à leur nouvelle console Nintendo 3Ds. Il avait sombré dans l’alcool à tel point qu’il avait fini par être radié. Par la suite il avait contracté une immense dette de jeu auprès des milieux les plus douteux. Devenant ainsi lui même l’incarnation de ce qu’il souhaitait combattre avec acharnement. Il n’aurait su expliquer pourquoi. Dans la salle de bain de son petit F3, trônait au dessus de la baignoire une bouteille de scotch vide et un paquet de cigarettes mouillées. Il était plongé dans sa baignoire. L’eau était vermeille, une lame de cutter ensanglantée posée sur le coté. Il sortit ses mains de l’eau et constats l’état de ses blessures. De multiples entailles lui ouvraient le dessous des mains. Il avait arrêté juste à temps. Son regard se posa sur le mur carrelé de la salle de bain. Un mot était écrit en lettre de sang : « CHOCOLAT ». Peter fut hypnotisé par ce mot persuadé que sa signification lui avait sauvé la vie. Comme si, dans son extrême détresse, la part infime de conscience qui lui restait avait voulu qu’il survive et lui adresser un message. Il en écarta immédiatement la signification première. Ce mot voulait dire autre chose. Il en était persuadé… Soudain, il se souvint. L’ultimatum expirait à midi et il était loin d’être en mesure d’honorer sa dette. Quelle heure était il ? Il sortit péniblement de l’eau. Du sang s’écoulait toujours de ses plaies mais il ressentait à présent la douleur. Pénétrante. Il manqua de tomber. Heureusement, la porte de la salle de bain était restée ouverte. Peter quitta la pièce et regarda l’horloge de la cuisine. Onze heures quarante cinq. Il flancha et tomba violemment à terre. Sur le moment, il hésita à rester couché là et attendre d’être définitivement abattu. Mais il ne voulait pas qu’on lui prenne sa vie. Il avait déjà tout perdu, l’honneur de conserver au moins sa dignité, fusse dans la mort, l’avait poussé à en finir par lui même. Et puis il y avait ce mot Chocolat… Il fallait qu’il sache. Son téléphone fixe était coupé depuis longtemps faute de paiement. Peter se mit à chercher son téléphone portable. Il entra dans le salon, pris de vertiges il appuya sa main contre le cadre de la porte. Il aurai presque pu comparer la douleur physique qu’il ressenti à sa souffrance morale. Il failli perdre connaissance. Le capharnaüm qui régnait dans la pièce combiné à sa vision brouillé n’arrangeait rien à sa tache. Il balaya la table du salon d’un coup de pied. Les boites de pizzas et les bouteilles chutairent dans un violent fracas. Rien. Rien non plus sur le canapé taché. A part un tas de factures impayés, et une lampe à l’ampoule cassée, rien non plus sur le sur le bureau. Le « Tic Tac » de l’horloge qui le laissait d’habitude indifférent, l’obsédait à présent. Il entra dans la cuisine. Un amoncèlement de vaisselle sale qui aurait fait rougir un étudient, couvrait l’évier. L’odeur était infecte. « Tic Tac ». Sur la desserte branlante, des barquettes de poulet vides lui rappelait le temps où la cuisine lui permettait encore d’utiliser autre chose que le micro onde. Il fut saisi d’une folle envie de briser l’horloge mais le temps lui manquait. Il se dirigea enfin vers la chambre il marchait machinalement, il ne voyais presque plus rien. La porte était fermée il l’ouvrit non sans mal avec les dents. L’intérieur rappelait les sculptures de Charlie Jeffery. Il entrepris de retourner la couette de son lit. Sa bouche fut encore d’une grande utilité « Tic Tac ». Il finit par se retrouver dans la salle de bain. Rien sur le meuble, mais au travers de l’eau ensanglantée il vit soudain l’appareil.
- Merde !
Il retourna dans l’entrée sur la porte les clés était restés dans la serrure. La vue de ses tendons jaunâtres et de ses veines bleutées manqua une nouvelle fois d’avoir raison de sa conscience. Malgré la douleur il réussit à tourner la clé. Peter entre dans le couloir à la limite de tomber dans le coma. Il se mit à sonner avec la tête à toutes les portes. Il savait qu’a cette heure si il y avait peu de chance que ses voisins soient rentrés du travail. Il s’acharna. Personne. Les forces lui manquais brusquement il s’évanouit.

Dans sa voiture, Cain vit passer une ombre chancelante au troisième.
- Qu’est-ce que tu peux bien essayer de faire ?
Se demanda-t-il. S’il était ivre cela serait encore plus facile. Cain regrettait d’être arrivé en avance. Patienter sur le lieu d’un forfait augmentait ses chances de se faire repérer par un voisin trop zélé. Mais comme il avait fait de la ponctualité une de ses qualités, il avait anticipé le trafic de midi. Honnêtement il ne pensait pas non plus trouver Peter chez lui et il avait prévu d’avoir à le pister. Il l’avait scrupuleusement suivi dans tous ses déplacements depuis plus d’une semaine, connaissait les lieux qu’il fréquentait, l’adresse de ses proches et avait placé un traqueur GPS sous la Clio. C’est incroyable comme internet avait facilité son métier. Obtenir ce genre de matériel il à dix ans requerrait un réseau de connaissance élargit.
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MessageSujet: Re: Chocolat ? (Nouvelle)   Dim 15 Avr - 4:03

La nouvelle version revue, corrigée et la suite.

CHOCOLAT?
Nouvelle

CHAPITRE I
Réveil

Le silence, comme il ne l’avait jamais entendu. De fantasmagoriques volutes noires ornées de quelques vagues étoiles colorées dansaient devant lui. Sa conscience bataillait dure pour sortir d’une sorte de rêverie étrange. Pas de celles qui vous font émerger péniblement d’un insuffisant sommeil, non. La sensation était différente. Il lui sembla être guetté par un danger aussi sérieux que mystérieux. Tout son corps paraissait flotter dans une sorte de liquide glacial, était-ce l’hiver ? Peu à peu le son de l’agitation de la ville parvint à ses oreilles. Très loin d’abord puis avec de plus en plus de netteté. Il pouvait sentir son cœur battre la chamade. Il avait soif et terriblement mal à la tête. L’angoisse qu’il ressentait maintenant avec de plus en plus de lucidité finit par l’arracher à sa torpeur. Peter ouvrit les yeux.

En bas de la rue, une Audi A1, discrète mais puissante exécuta avec une dextérité exemplaire un créneau que d’aucuns n’auraient pas même tentés. Derrière les vitres fumées, le conducteur jeta un œil à sa montre. Il observa scrupuleusement la rue. Son regard se fixa sur une voiture, la vielle Clio jaune était bien là.
- L’imbécile…
Cain n’avait pas imaginé que cela allait être aussi facile. Il regarda ensuite vers le balcon d’un immeuble morne. Au troisième, malgré la lumière agréable de ce début de printemps, l’éclairage du salon semblait être resté allumé. Il ne manqua pas de relever ce détail intriguant. Un simple oubli ? Ou peut être que le désespoir avait poussé le locataire à s’enivrer ou à rester éveillé toute la nuit à la recherche d’une ultime solution ? En tout cas il était dans l’appartement. Son instinct ne le trompait presque jamais. Il ouvrit la boite à gants et sortit son petit étui de crochetage en cuir. Derrière elle, le soleil fit briller un Glock 22. Cain détestait les armes à feu et il n’avait jusqu'à présent jamais eu à s’en servir. Le principal défaut était naturellement le bruit. Il savait parfaitement que les sons étouffés des silencieux des films d’action n’étaient qu’un mythe. Malgré le modérateur, la déflagration équivalait encore au bruit d’un marteau piqueur en marche. Il avait amélioré la discrétion de son arme en l’équipant de munitions subsoniques. En effet l’utilisation de cartouches ne dépassant pas le mur du son constituait la seule solution efficace pour étouffer correctement le bruit. En revanche celles-ci étaient souvent trop peu puissantes pour tuer sur le coup. La perspective qu’il n’aurait, une fois de plus, pas à s’en servir aujourd’hui le réjouit. La cible était un réel amateur. Il referma la boite à gants. Et regarda à nouveau sa montre.


Peter ne vit d’abord qu’une faible lueur floue. Il reconnu l’ampoule de la salle de bain. Les souvenirs lui revinrent peu à peu, brouillés. Il avait une trentaine d’années et avait été professeur d’histoire. Après s’être essayé aux arts des lettres sans jamais ne se découvrir aucun talent. Il avait choisi ce métier car, à défaut de toucher un public plus large, il lui avait semblé être le plus pertinent pour le but qu’il s’était fixé. Enseigner le passé, en instruire la génération nouvelle pour qu’elle sache en tirer correctement les leçons. Rendre au moins une petite partie de ce monde meilleur. Sa première affectation en banlieue l’avait rapidement fait plonger dans une immense dépression de laquelle il n’était jamais sorti. Confronté à la déchéance, à la misère et à l’inintérêt le plus complet de son auditoire. Il avait plus eu l’impression d’être un clown triste au milieu d’un cirque que les enfants auraient déserté préférant se consacrer pleinement à leur nouvel iPhone. Il avait sombré dans l’alcool à tel point qu’il avait fini par être radié. Par la suite il avait contracté une immense dette de jeu auprès des milieux les plus douteux. Devenant ainsi lui même l’incarnation de ce qu’il souhaitait combattre avec acharnement. Il n’aurait su expliquer pourquoi. Dans la salle de bain de son petit F3, trônait au dessus de la baignoire une bouteille de scotch vide et un paquet de cigarettes mouillées. Il était plongé dans sa baignoire. L’eau était vermeille, une lame de cutter ensanglantée posée sur le coté. Il sortit ses mains de l’eau et constata l’état de ses blessures. De multiples entailles lui ouvraient le dessous des mains. Il avait arrêté juste à temps. Son regard se posa sur le mur carrelé de la salle de bain. Un mot était écrit en lettre de sang : « CHOCOLAT ». Peter fut hypnotisé par ce mot, persuadé que sa signification lui avait sauvé la vie. Comme si, dans son extrême détresse, la part infime de conscience qui lui restait avait voulu qu’il survive et lui adresser un message. Il en écarta immédiatement la signification première. Ce mot voulait dire autre chose. Il en était persuadé… Soudain, il se souvint. L’ultimatum expirait à midi et il était loin d’être en mesure d’honorer sa dette. Quelle heure était il ? Il sortit péniblement de l’eau. Du sang s’écoulait toujours de ses plaies mais il ressentait à présent la douleur. Pénétrante. Il manqua de s’écrouler. Heureusement, la porte de la salle de bain était restée ouverte. Peter quitta la pièce et regarda l’horloge de la cuisine. Onze heures quarante cinq. Il flancha et tomba violemment à terre. Sur le moment, il hésita à rester couché là et attendre d’être définitivement abattu. Mais il ne voulait pas qu’on lui prenne sa vie. Il avait déjà tout perdu, l’honneur de conserver au moins sa dignité, fusse dans la mort, l’avait poussé à en finir par lui même. Et puis il y avait ce mot Chocolat… Il fallait qu’il sache. Son téléphone fixe était coupé depuis longtemps faute de paiement. Peter se mit à chercher son téléphone portable. Il entra dans le salon, pris de vertiges il appuya sa main contre le cadre de la porte. Il aurait presque pu comparer la douleur physique qu’il ressenti à sa souffrance morale. Il failli perdre connaissance. Le capharnaüm qui régnait dans la pièce combiné à sa vision brouillée n’arrangeait rien à sa tâche. Il balaya la table du salon d’un coup de pied. Les boites de pizzas et les bouteilles chutèrent dans un violent fracas. Rien. Rien non plus sur le canapé taché. A part un tas de factures impayées, et une lampe à l’ampoule cassée, rien sur le sur le bureau. Le « Tic Tac » de l’horloge qui le laissait d’habitude indifférent, l’obsédait à présent. Il entra dans la cuisine. Un amoncèlement de vaisselle sale qui aurait fait rougir un étudiant, couvrait l’évier. L’odeur était infecte. « Tic Tac ». Sur la desserte branlante, des barquettes de poulet vides lui rappelait le temps où la cuisine lui permettait encore d’utiliser autre chose que le micro ondes. Il fut saisit d’une folle envie de briser l’horloge mais le temps lui manquait. Il se dirigea enfin vers la chambre, il marchait machinalement, il ne voyait presque plus rien. La porte était fermée il l’ouvrit non sans mal avec les coudes. L’intérieur rappelait les sculptures de Charlie Jeffery. Il entreprit de retourner la couette de son lit. Sa bouche fut d’une grande utilité « Tic Tac ». Il finit par se retrouver dans la salle de bain. Rien sur le meuble, mais au travers de l’eau ensanglantée il vit soudain l’appareil.
- Merde !
Il retourna dans l’entrée ; sur la porte les clés étaient restées dans la serrure. La vue de ses tendons jaunâtres et de ses veines bleutées manqua une nouvelle fois d’avoir raison de sa conscience. Malgré la douleur il réussit à tourner la clé. Peter entre dans le couloir à la limite de tomber dans le coma. Il se mit à sonner avec la tête à toutes les portes. Il savait qu’à cette heure si il y avait peu de chance que ses voisins soient rentrés du travail. Il s’acharna. Personne. Ses dernières forces l’abandonnèrent et, brusquement, il s’évanouit.


Dans sa voiture, Cain vit passer une ombre chancelante au troisième.
- Qu’est-ce que tu peux bien essayer de faire ?
Se demanda-t-il. S’il était ivre cela serait encore plus facile. Cain regrettait d’être arrivé en avance. Patienter sur le lieu d’un forfait augmentait ses chances de se faire repérer par un voisin trop zélé. Mais comme il avait fait de la ponctualité une de ses qualités, il avait anticipé le trafic de midi. Honnêtement il ne pensait pas non plus trouver Peter chez lui et il avait prévu d’avoir à le pister. Il l’avait scrupuleusement suivi dans tous ses déplacements depuis plus d’une semaine, connaissait les lieux qu’il fréquentait, l’adresse de ses proches et avait placé un traqueur GPS sous la Clio. C’est incroyable comme internet avait facilité son métier. Obtenir ce genre de matériel il à dix ans requerrait un réseau de connaissance élargit. Il hésita un moment à entrer, maintenant cela ne ferait aucune différence. Il se ravisa lorsqu’un homme entra dans l’immeuble. Après tout il restait moins de dix minutes, Cain patienta.


Après avoir relevé son courrier, l’homme appela l’ascenseur. En arrivant au troisième la surprise lui fit lâcher la pile de publicité qu’il avait réceptionné. Il découvrit stupéfait le corps de son voisin gisant au sol, inerte, les veines tailladées. Sans attendre il composa le 15. Moins de cinq minutes plus tard l’ambulance du Samu se garait en catastrophe en bas de l’immeuble à la grande surprise de Cain. Il vit rapidement trois hommes en sortir. Il releva immédiatement le numéro de la plaque et le nom de l’ambulance. Les ambulances, qui maintenant étaient souvent gérées par des sociétés privées pouvaient conduire leurs patients dans n’importe quel hôpital de la ville. Peter sortit sur un brancard, il fut chargé aussitôt dans l’ambulance qui démarra aussitôt, gyrophares allumés et sirène sonnante. Cain démarra à son tour et commença à manœuvrer pour sortir de sa maigre place. Déjà l’ambulance zigzaguait entre les voitures du boulevard attenant. Avait t’il sous estimé son client ? Il comprit que de prendre en chasse le véhicule médicalisé était impossible. Les urgences du CHU certainement… Calmement Cain quitta sa place pour prendre la direction du centre hospitalier. Sur l’avenue les bouchons le ralentirent fortement, cela ne l’inquiéta point. Si l’ambulance avait fait hurler sa sirène, son cas devait être sérieux. Une tentative de suicide bien sûr ! Cela lui sembla tout à fait logique. S’il ne s’était pas raté, son travail aurait été grandement facilité. Pourquoi cet homme s’obstinait-il à manquer tout ce qu’il faisait ? Il n’avait certainement pas simulé un malaise, il aurait été plus aisé pour lui de fuir en voiture dans la nuit. En tout cas le sort semblait joué en faveur de Peter. Le téléphone portable de Cain fixé au pare brise ne tarda pas à sonner. Son patron. Il brancha le kit main libre et décrocha. Au bout du fil un vieil homme bourru. Voncry tenait énormément à sa réputation et aimait que les comptes soient soldés ou rendus, il était exaspéré de s’être fait berner de la sorte par l’ex enseignant qui lui avait présenté une fausse déclaration de propriété en garantie. Il avait perdu près de cinquante mille euros dans l’affaire. Après avoir fait éliminer Peter il comptait bien faire pression sur les parents de celui-ci pour récupérer la somme. Voncry était dans un mauvais jour. La veille, à l’image de Peter il s’était laissé porté par l’alcool. Les spiritueux qu’il buvait avait beau être d’un raffinement bien supérieur à ceux de Peter, le mal de tête et les nausées qu’ils provoquaient le lendemain étaient bien comparables. Voncry avait pris l’habitude de combattre le mal par le mal et il était déjà à son sixième verre d’ Hennessy Paradis Impérial. Quand il avait bu, il était encore plus désagréable qu’a l’accoutumé.
- Allô
- J’espère que tu as de bonnes nouvelles pour moi.
Grommela le vieil homme qui avait déjà du mal à articuler.
- Nous avons hélas un contretemps…
- Tu plaisantes ? Je ne sais pas si je t’ai déjà donné un contrat plus simple ? Qu’est ce qui ce passe ?
- Il est aux urgences je pense qu’il a voulu en finir.
Un silence
- Merde de merde ! Quel petit connard !
Voncry était hors de lui, lui qui avait bâtit un véritable empire et régnait sans partage sur la moitié de la ville était entrain de se faire mener en bateau par le plus petit de ses « clients ». Il jeta avec violence son verre, manquant de blesser son garde du corps qui somnolait sur une chaise au fond du bureau.
- L’affaire sera réglée dans la journée, monsieur. Vous savez que je mets un point d’honneur à accomplir les tâches qui me sont confiées en temps et en heure.
- Si j’en crois ce que tu me dis, tu as déjà dix minutes de retard !
Sans même attendre de réponse, l’homme raccrocha excédé.
Cain sentait la frustration lui serrer la gorge. Il ne supportait plus de se faire traiter ainsi après dix ans de services sans accros. Mais après tout, n’est-il pas vrai qu’un seul échec emporte toutes les victoires passées ? Cain se gara à quelques pas du CHU et prit un journal sur le siège arrière. Il fit les derniers mètres à pied. Devant l’entrée, entre les ambulances et les camions de pompiers, médecins et infirmiers prenaient plaisir à ne pas respecter les conseils prodigués à leurs patients. Une forte odeur de tabac parvint à ses narines. Il entra sans hésiter comme des centaines de visiteurs anonymes. Il s’assit sur les sièges métalliques de l’entrée et ouvrit son journal. En jetant de petits coups d’œil discrets il se mit à repérer les angles des caméras de surveillance, qui déjà dans le hall, allaient lui poser son premier problème. Il pensa un instant se présenter simplement à l’accueil et demander des nouvelles de Peter. Il écarta cette perspective, Cain devait agir dans l’ombre de ce lieu sur éclairé.


Le médecin l’appela à plusieurs reprises. Au bout d’un instant Peter s’éveilla. Les traditionnelles questions lui furent posées : s’il savait où il se trouvait, quel jour nous étions. Il lui demanda de suivre son doigt. Peter se prêta sans réelles difficultés à ces vérifications. L’interne était entrain de retirer le dispositif de transfusion sanguine. Il clampa la tubulure. Puis vérifia son vaccin antitétanique en lui piquant le bout du pouce. Le médecin lui expliqua ensuite ce qui venait de se passer. Peter écoutait à peine, il avait remarqué que l’horloge dans le couloir de son box indiquait treize heures. Pour l’instant il devait se reposer et attendre, ses plaies seront suturées dans l’après midi. Attendre, c’était bien la la seule chose qui lui était impossible. On était peut être là, derrière la porte, prêt à lui loger une balle dans le crâne dès que la pièce serait désertée. Peut être une de celles qu’il avait trouvé sur le pas de sa porte une semaine auparavant… Cependant, que pouvait-il faire de plus que de compter sur la chance ? Ses blessures étaient trop graves pour envisager une fuite sans être soigné. Comme il l’avait craint, le personnel médical quitta aussitôt la pièce. Peter regarda autour de lui à la recherche d’une arme de fortune. Il avait peu d’espoir, les médecins avaient certainement eu l’intelligence de ne pas laisser d’objet tranchant dans le box d’un suicidaire. Il se leva discrètement et non sans mal. Ses poignets le faisaient toujours souffrir. La douleur se voulait cependant moins vive, on avait dû lui administrer un analgésique. Sur une étagère, il aperçut une tige métallique. il s’en empara et la posa à proximité de son lit. Cette arme de fortune ne lui aurait déjà pas été d’une grande utilité en pleine possession de ses moyens. Elle lui sembla plus que dérisoire, il avait déjà eu du mal à la saisir. Il entreprit d’appeler une infirmière à l’aide de la sonnette. Mais qu’allait il bien pouvoir lui dire pour la faire rester ? Il fallait que quelqu’un soit avec lui c’était la la plus grande sécurité qu’il pouvait s’offrir…
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