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 Rose: chapitre premier

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Amel1985
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MessageSujet: Rose: chapitre premier   Sam 15 Déc - 23:25







PREFACE




Certains disent que tous les destins sont tracés et qu’il n’y a que des autoroutes de destins qui se croisent….
Je me revois alors que j’avais à peine 10 ans, à côté de mon père. Comme j’étais fière . Et chaque fois que j’y repense, je revois cette scène avec mes yeux d’enfant. Plein de magie, plein d’étoile, plein d’admiration et d'innocence. Je revois ma grand-mère sous cet oranger, avec juste un rayon de soleil éclairant sa peau ambrée. Ses longs cheveux argentés attachés en chignon. Je la trouvai exceptionnellement belle. J’aimerais tellement lui ressembler. Je l’aimais tant. Je me souviens de tous les détails pour elle. Elle qui nous oubliait au fur et à mesure que le temps passait. Elle souffrait d’Alzheimer. Mon père passait beaucoup de son temps avec elle. Il savait que c’était bientôt la fin et chacun de ces instants où elle était là était précieux. Il ne voulait en rater aucun. Hélas,peu de temps après, elle s’était éteinte. Ce fut une déchirure pour toute la famille. Je vis mon père tel que je ne l’avais jamais vu. Abattu, aucune envie, plus aucune flamme dans le regard. Mais ma mère n’avait jamais faibli. Elle avait été forte pour deux. Elle l’avait porté comme on porte un enfant qui ne sait pas marcher, jusqu’à ce qu’il retrouve le rythme de ses pas. J’ai une profonde admiration pour ma mère qui a toujours su être épouse et mère.
J’ai voulu devenir médecin pour combattre tout ce qui nous faisait perdre un à un les êtres chers à nos cœurs . Je n’ai jamais changé d’objectif. Là où ma sœur aînée Jade avait déjà dix fois voulu devenir institutrice, euh non architecte. Ah et puis pourquoi pas actrice??? Moi je restais sur médecin. C’était ce pour quoi j’étais faite je l’avais décidé du haut de mes 10 ans! Je savais qu’un jour je serais renommée!
Mes parents me soutinrent tout au long de mes études. Mais la vie voulut qu’ils m’abandonnent dans ma dernière année de médecine. Le fléau de l’insécurité routière ayant frappé. La voiture de mes parents avait été percutée par un poids lourds n’ayant pas respecté un feu. Juste un feu me prenait mes parents! C’était injuste…. Mais je devais continuer, je devais tenir bon. Pour Jade, pour eux. Je n’avais pas le droit de flancher!
Jade et moi avions alors décidé de reprendre la maison de nos parents toutes les deux, refusant même l’idée de la revendre. Et toute jeune diplômée en médecine, je me trouvai donc un poste à proximité.
Un travail peut remplir une vie à bien des niveaux, mais jamais ne lui suffira. J’adorais mon travail. J’avais réalisé un de mes rêves les plus fous. Mais il manquait encore quelque chose à ma vie, quelqu’un…. Je voulais qu’il soit tellement de choses à la fois que je me rendais compte de la stupidité de cette espérance. Plusieurs fois j’ai essayé de me raisonner , de me dire qu’il fallait que je rencontre un gentil garçon. Mais je n’aurais pas trouvé ça correct, ni pour lui, ni pour moi.
Alors pour l’instant, je laissais mon âme errer à la recherche de sa sœur….







CHAPITRE I



[center]« Bonjour, la température extérieure est de 28° , les routes sont chargées, prudence si vous prenez le volant…. »
Mes yeux s’ouvrirent alors sur ce radio réveil avant que ma main ne vienne taper dessus pour l’éteindre.
Puis je replongeai sous ma couette et enfouis ma tête sous mon oreiller. Ce fut ma sœur Jade qui vint me tirer du lit.
« __ Allez Rose, debout, tu prends ta garde dans une heure et arriver en retard pour ton premier jour la ficherait franchement mal! »
Je savais qu’elle avait raison mais je préférais rester dans mon lit. Oui je commençais mon travail dans un nouvel hôpital. Oui j’étais tout juste diplômée en médecine. Mais j’avais la frousse énorme de me retrouver face à tous ces gens que je ne connaissais pas….
A contre cœur et grandement poussée par la tête blonde qui me servait de sœur, je finis quand même par m’extirper de mon lit pour filer sous la douche. Je me passai un trait de maquillage aux yeux, attachai mes cheveux bruns en une queue de cheval, enfilai mon jean et mon sweater et descendis déjeuner .
Mon aînée m’encouragea du mieux qu’elle le put, étant autant ,si ce n’est plus, stressée que moi. Et l'heure de partir arriva.
J’arrivais devant l’hôpital sud de la ville. L’extérieur semblait flambant neuf. Il me semblait que les façades avaient été refaites il y a moins de dix ans. Il y avait une grande baie vitrée avec une porte automatique. Celle-ci était réservée aux consultations avec les différents spécialistes. Toute la devanture était remplie de fenêtres gigantesques permettant à la clarté de dominer les chambres. Et, sur le côté droit se trouvait le parking à ambulances, là où les urgences déboulaient. Je vis quelques médecins ,en blouse stérile, occupés à descendre les brancards des véhicules avant de les hisser rapidement vers les petites portes automatiques qui menaient vers le service des urgences.
Le bâtiment me semblait immense. Ou alors c’est moi qui paraissait soudainement tout petite. Mon pouls s’accéléra et je dus fermer les yeux un instant et me concentrer sur ma respiration pour retrouver mon calme. Enfin, je franchis le seuil d’entrée.
Bizarrement, à peine avais-je poussé les portes de l’hôpital que je me sentis bien. J’étais dans mon élément. L’intérieur des urgences était beaucoup plus vétuste et beaucoup moins lumineux que l’extérieur. La couleur du carrelage au sol était passée, probablement usée par les récurages permanents. Les murs étaient habillés d’une peinture verdâtre. Elle non plus n’était plus de première fraîcheur. Certains médecins s’activaient dans tous les sens. Des gens qui patientaient apparemment depuis trop longtemps faisaient une esclandre à l’accueil des urgences.
Je me dirigeai vers ce même bureau d’accueil pour me présenter. On m’indiqua alors les vestiaires, me disant que le responsable du service aujourd’hui y serait et m’orienterait. Un certain Henry London. Chirurgien cardiaque détaché aux urgences pour la journée si j’avais bien compris.
Et effectivement, dans les vestiaires, je trouvais un jeune homme blond , en pyjama stérile qui sirotait un café. Je le trouvais plutôt beau mais de ces beautés froides. Celle que l’on admire en se demandant si la personne est bien réelle. Il avait des cernes énormes en dessous de ses grands yeux verts et des cheveux semblant plus qu'amis avec le peigne. Et pourtant, cela accentuait son charme naturel. Je supposais alors qu’il devait être la coqueluche de toutes ces dames ici.
Lorsqu’il me vit, il me décocha un franc sourire qui me rassura immédiatement sur ma place ici. Il m’invita même à déjeuner au midi mais les urgences étant bondées, je me vis refuser. Henry avait cet accent « So British » qui me faisait sourire chaque fois qu’il parlait.
Il me montra toutes les petites combines, toutes les salles, tous les rangements où trouver ce que je cherchais. Il me précisa le caractère de quelques médecins et infirmières afin que je sache comment m’adresser à eux pour éviter de froisser quelque ego que ce soit. Il me fit beaucoup rire et je sentis qu’il deviendrait sûrement un très bon ami.
Il m’accompagna tout le long de la journée. Mon cœur battait la chamade chaque fois qu’il y avait un nouveau patient, ou nouveau diagnostic à effectuer. J’étais ici chez moi! Et je ne vis même pas passer les heures.
Bref, ma garde se termina enfin et je pus regagner la maison que je partageais avec ma sœur depuis la mort de nos parents. Jade rentrait toujours avant moi et quand je revins, le repas était déjà prêt et je n’eus plus qu’à mettre les pieds sous la table. Notre cuisine était d’antan .J’adorais cette pièce qui avait vu beaucoup de générations avant nous. Et puis cela me rappelait mon enfance, lorsque papa et maman étaient là. Les mêmes meubles rustiques, la même odeur constante d’un repas chaud et la même sensation de profonde sécurité.
Pendant tout le repas, les questions s’enchaînèrent. Je répondis plus par politesse que par réel intérêt. Non pas que cette journée m’avait déplu au contraire, mais j’étais tellement fatiguée que je ne pensais qu’à ma douche et mon lit.
Jade comprit relativement vite mon épuisement et me laissa enfin gagner l’étage. Après une bonne douche, j’enfilai mon vieux survêtement de nuit et me plongeai dans mon lit. Il ne fallut que quelques minutes pour que le sommeil ne m’emporte.
Et exactement comme la veille, le réveil me tira du lit à la même heure. Cependant , j’eus beaucoup moins de mal cette fois à me lever tant j’étais déjà impatiente d’aller travailler.
Je pris ma douche, m’habillai et descendis déjeuner. Cette fois il n’y avait pas cette odeur de croissant frais et de café chaud. Jade était partie plus tôt travailler. Je pris un pain au lait à la va vite et un verre de jus d’orange avant de m’engouffrer dans ma voiture et de filer droit vers l’hôpital.
Henry m’accueillit avec un franc sourire , quoique un peu charmeur mais cela ne me fit aucun effet. Il me présenta alors à une chirurgienne détachée aux urgences pour la journée. Ils semblaient être très bons amis. Mais pour une raison que j’ignore, elle me parut antipathique de premier abord. Elle tenta de se montrer gentille avec moi et me rassura bien vite. Mais je savais qu’elle ne deviendrait jamais une amie. J’avouais être un peu jalouse de ne plus être le centre d’attention d’Henry.
J’apprendrais a connaître chacun bien rapidement et peut être changerais je alors d’avis mais pour le moment, je préférais me fier à mon intuition. Je laissais donc Henry et sa groupie finir leur conversation et je me saisis d’un dossier et allai faire ce que je sais faire de mieux: tenter de soigner les gens.
Lorsque j’entrai dans la chambre, il y avait beaucoup de monde. Je priais tout un chacun de sortir et de me laisser seule avec la patiente. La dame alors installée sur le lit parla dans un dialecte que je ne connaissais pas et tous s’en allèrent. Elle me faisait penser aux mammas italiennes. Avec son châle sur les épaules , sa peau mate et ses yeux clairs, et surtout son accent.
Il s’agissait d’une chambre double, aussi , je tirais le rideau pour créer un semblant d’intimité avec ma patiente.
« __ Bonjour madame Delgado. Je suis le docteur Curtis. C’est moi qui vais m’occuper de vous. »
Elle me renvoya alors un sourire plein de chaleur.
« __ Ce n’est pas grand-chose jeune fille. J’ai chuté , juste quelques bleus. Je suis venue ici juste pour rassurer les enfants. Si mon heure était venue, je l’aurais su croyez moi!
__ Ah si vous saviez le nombre de fois où nous pouvons entendre cela nous les médecins! Vous me laissez vous examiner?
__ Faites faites! »
Je m’armai alors de mon stéthoscope. Rien d’anormal. J’ examinai chacun de ses membres, elle avait l’air d’aller bien. Mais par précaution, je préférai l’envoyer en radiologie.
« __ Je vous dis que je vais bien mademoiselle….. Vous êtes nouvelle n’est-ce pas? »
Je me surpris à rougir.
« __ Effectivement oui…
__ Je le sens oui…. Un jour je reviendrai je le sais et ce jour là, je veux que ce soit vous qui vous occupiez de moi. Ce ne sera pas facile et je sais que je ne m’en sortirais pas . Mais vous avez une bonne âme je perçois. Autant que ce soit vous.
__ Ne dites pas ça madame Delgado. Seul le Tout Puissant peut décider de cela!
__ Un médecin qui croit en Dieu! »
Elle partit dans un éclat de rire qui mit quelques secondes avant de s’arrêter.
« __ Vous savez, j’appartiens au peuple tsigane et je sais ce genre de choses. Depuis mon enfance je développe mon don. Je sens et ressens les personnes.
__ Et votre avenir?
__ Je lis dans n’importe quel avenir très chère. Il me suffit de votre main. Voulez vous essayer?
__ Je ne crois pas à ce genre de choses vous savez.
__ Et pourtant vous croyez en Dieu... »
Et sans l’écouter, je remplissais le bon pour la radiologie. Néanmoins, j’aurais été curieuse de voir ce qu’elle aurait pu raconter. Alors, sans m’en apercevoir, je lui tendis la main. C’est avec un sourire qu’elle la prit.
« __ Je vois beaucoup d’amour dans votre vie… Vous êtes seule?
__ Oui…Je n’ai jamais trouvé la personne qui …. Vous savez…
__ Oui, je sais…. Je le pressens pour bientôt! »
Elle souriait tout en continuant son étude. Soudain, son regard s’assombrit.
« __ Quoi?
__ Je…. Je suis désolée Rose….
__ Comment connaissez vous mon prénom?
__ Votre badge!……
__ Que voyez vous?
__ Du mal, beaucoup de mal. La mort… »
J’avalai ma salive , un peu figée de cette révélation puis me ressaisis. Je n’allais pas croire cela, moi la scientifique. Les fabulations d’une vieille matrone.
« __ Peu importe madame Delgado , je vous l’ai dit je ne crois pas en cela…. La mort nous attend tous vous savez.
__ Fuyez le…
__…… Je vais vous laisser maintenant, une infirmière viendra vous chercher pour les radios. Au revoir Madame Delgado.
__ Au revoir Rose. Faites attention à vous! »
Sur ce, je sortis. Un peu sonnée par ce que je venais d’entendre malgré tout.
Henry m’extirpa de ces vilaines pensées pour m’inviter de nouveau à déjeuner, je ne me vis pas refuser deux fois et puis il m’était sympathique alors je le suivis jusqu’au burger d’en face.
« __ Alors dis moi tout Rose!
__ Tout quoi?
__ Pourquoi avoir quitté Los Angeles pour ici?
__ Mes parents sont décédés l’an dernier dans un accident de voiture. J’ai terminé mes études au soleil. Mais comme ils nous ont légué leur maison, à ma sœur et à moi; nous nous y sommes installées toutes les deux. Nous ne voulions pas la vendre…. C’est comme ça que je suis arrivée ici.
__ Triste histoire dis moi…. »
Devant le malaise que mon histoire installa, il y eut un lourd silence.
Oui, la mort de mes parents avait été difficile à vivre. Nous étions très proches. Mais lorsque la vie s’exécute, vous n’avez d’autres choix que d’accepter et de continuer. Sans broncher. Je vivais avec Jade maintenant, nous étions bien . Mais je savais bien qu’elle voyait quelqu’un depuis peu et si cela devait devenir sérieux, nous devrions prendre une décision.
« __ Et toi alors?
__ Toute ma famille vit par ici. J’ai réussi à faire mon internat dans cette ville mais à l’hôpital Nord. J’ai exercé deux ans là bas avant que l’on ne m’offre une place ici en tant que chirurgien cardiaque. Je ne pouvais pas me permettre de refuser. Alors bien sûr ça n’est pas toujours la joie de bosser aux urgences de temps en temps et de passer à côté de certaines interventions. Mais je fais ce que j’aime. Toute personne qui se lève le matin n’est pas forcément en mesure d’affirmer la même chose. »
Je lui souris. J’étais sincèrement séduite par sa façon de penser. Il avait une sorte de sagesse qui avait un effet apaisant sur la plupart de vos craintes.
Nous finîmes le repas dans une ambiance plus légère, à parler de choses banales et quotidiennes. Puis nous retournions enfin à l’hôpital pour achever notre journée.
Et encore une fois à la fin de ma garde, je n’avais qu’une envie , regagner la maison et vite.
En plus je ne travaillais pas le lendemain. Du repos!
Oh non! C’est pas vrai! Où est ma voiture??
Je ne la trouvai pas à l’endroit où je l’avais laissé. Nom d’un chien, pourquoi ce genre de choses m’arrivait toujours à moi?! Et en plus, il commençait à pleuvoir. Décidément, la chance n’avait pas l’air d’être là pour ce soir en tout cas!
Bon ben adieu douche chaude et bonjour déclaration au commissariat…








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